Envoi massif de bons pour tests, reprise des chirurgies, vacances du personnel… Le dépistage du Covid-19 en France reste difficile et les capacités de test sont au bord de la saturation dans certaines régions, notamment en Île-de France.

"Faire tester!" Pour beaucoup de gens, suivre ce slogan des autorités pour enrayer l'épidémie de Covid-19 reste un casse-tête en France.

Un jeune homme, interrogé par l'AFP, doit attendre une semaine pour obtenir un test virologique sur ordonnance médicale dans un laboratoire d'analyses de la capitale. "Aurai-je les résultats demain?", "Non, pour le PCR il faut attendre lundi matin", a été la réponse qu'un autre patient a reçue un mercredi après-midi, en région parisienne, alors que les autorités sanitaires affirment que le résultat doit être livré dans les 24 heures.

Dans un désert médical dans un département peu touché, la situation n'est guère meilleure. Ceci a été vérifié par Michèle lors de la recherche «où se faire tester». Face à des médecins méconnus et dépassés sur la page de son Agence régionale de santé (ARS), il a finalement réussi à obtenir un rendez-vous pour «six jours».

«Les dates de rendez-vous sont encore très éloignées, il y a encore du travail à faire», a déclaré Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique pendant la pandémie, qui a découvert cette information en appelant un laboratoire sans donner son nom. Le résultat: «Un rendez-vous dans six jours».

Cependant, l'enjeu est important: tester en priorité ceux qui présentent des symptômes et détecter les porteurs du virus le plus tôt possible, afin d'éviter que ceux qui sont en contact à temps pour les réaliser, à leur tour , un test et donc casser les chaînes de transmission.

Au bord de la saturation avec des tests en région parisienne

Si le pays a la capacité de faire 700 000 tests par semaine "et même un million si nécessaire", le ministre de la Santé, Olivier Véran, a reconnu dans 'Franceinfo' qu '"il y a des endroits où nous sommes au bord de la saturation, où De nombreux tests sont effectués, comme en Île-de-France (…) et d'autres où il y a beaucoup de marge ».

«J'ai mobilisé les laboratoires pour qu'ils travaillent encore plus entre eux, j'ai une liste de communes d'Île-de-France où les laboratoires ne font pas de tests, alors je leur ai dit:« C'est impossible ».

Une femme masquée traverse Paris, avec la Tour Eiffel en arrière-plan, le 11 mai 2020.
Une femme masquée traverse Paris, avec la Tour Eiffel en arrière-plan, le 11 mai 2020. Philippe López AFP / Archives

Pour le directeur de l'ARS francisien, Aurélien Rousseau, il y a trois facteurs de stress qui favorisent les «goulots d'étranglement»: la reprise des chirurgies (les tests se font avant l'opération), les tests avant le départ et les expéditions en masse des obligations d'assurance maladie pour les tests. Plus de deux millions ont déjà été distribués.

«Nous aimerions que les politiques, avant de faire des annonces, travaillent avec les administrations pour que tout soit prêt», déclare François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes (SDB). "Ce n'est pas un problème technique mais organisationnel … Il avait dit il y a deux mois que tester des milliers de personnes au même endroit en même temps serait un problème."

«Il y a un temps irréductible pour les prélèvements, pour le nettoyage des chambres pour assurer la sécurité», explique le biologiste. Sans oublier les autres examens (cancer, diabète, etc.) et les vacances du personnel fatigué.

Désormais, en plus des biologistes médicaux, les 40 000 techniciens de laboratoire peuvent également prélever des échantillons. De même, les préfets de département peuvent autoriser les étudiants en médecine ou en soins infirmiers à le faire également. Dans certaines régions, les pompiers ou la Croix-Rouge aident.

Tests rapides expérimentaux

Mais le président du SDB "ne voit pas comment il est possible d'y parvenir s'il n'y a plus de personnel médical pour l'aider". Cela concerne en particulier les plus de 200 000 médecins actifs qui pourraient participer à l'échantillonnage. De plus, le syndicat a publié un tutoriel sur Internet montrant comment prendre correctement les clichés.

Le test virologique de la salive à la machine "permettrait de gagner beaucoup de temps", explique Blanchecotte.

Certains biologistes les utilisent «à titre expérimental et travaillent sur cette question avec le Centre national de référence (CNR)», selon Lionel Barrand de l'Union des jeunes biologistes médicaux.

Mais "ces tests ne sont pas fiables", a déclaré Jean-François Delfraissy, même s'il estime qu'ils vont évoluer et que "d'ici la fin août" ils seront prêts.

Un médecin effectue un test de coronavirus dans un ciné-parc à Plabennec, dans l'ouest de la France, le 20 juillet 2020.
Un médecin effectue un test de coronavirus dans un ciné-parc à Plabennec, dans l'ouest de la France, le 20 juillet 2020. © AFP

La possibilité proche de pouvoir effectuer le test classique sans ordonnance médicale, annoncée par le président Macron le 14 juillet, ajouterait au problème et "nécessiterait une organisation logistique", a reconnu le ministre de la Santé. «On l'a vu en Île-de-France: en proposant à un million de personnes de passer le test, il y a un effet de saturation.

Et la prise en charge du test (54 euros) sans nécessité de commande, par l'Assurance maladie, était encore en discussion lundi, déplore François Blanchecotte.

Avec l'AFP

Cet article a été adapté de son original en français.