Economie

L’inflation force le salaire minimum en Argentine à augmenter à nouveau

L’Argentine a donné son feu vert à une augmentation du salaire minimum qui fait passer celui déjà approuvé en avril dernier de 35 % à 52,7 % pour février 2022 progressivement, bien qu’il ne suffise toujours pas à couvrir les ravages d’une inflation qui a dépassé les 50 % dans le 12 derniers mois et qui alimente le mécontentement social contre le gouvernement d’Alberto Fernández.

Une réponse frappante mais sans solutions concrètes. Le gouvernement argentin, les syndicats et les employeurs ont convenu lors d’une réunion du Conseil des salaires d’une deuxième augmentation du salaire minimum, qui passera progressivement à 52 % en 2022.

Claudio Moroni, ministre du Travail, a annoncé la mesure après une journée de protestations massives contre le gouvernement d’Alberto Fernández et ses mesures économiques, qui pour de nombreux Argentins ont été « insuffisantes ».

Le Conseil a convenu que l’augmentation de 35% prévue en avril dernier pour être appliquée progressivement jusqu’en février 2022 passera à 52,7%, de sorte que le nouveau salaire minimum sera de 33 000 pesos en février de l’année prochaine, soit environ 318 dollars.


Mais malgré l’augmentation du salaire minimum, ce montant en février de l’année prochaine sera inférieur à la valeur actuelle du panier de nourriture et de services de base pour une famille, qui est actuellement d’environ 68 359 pesos, soit environ 659 $.

« L’augmentation annoncée aujourd’hui renforce l’ensemble de la structure salariale et améliore le pouvoir d’achat des revenus du travail, un engagement fondamental de notre politique économique », a célébré Martín Guzmán, ministre de l’Économie.

Au cours des huit premiers mois de l’année, les prix à la consommation ont accumulé une hausse de 32,3%, bien que le gouvernement prévoit que l’inflation atteindra 45,1% d’ici la fin de cette année. Au cours des 12 derniers mois, l’inflation en Argentine a dépassé les 50 %, augmentant le coût des aliments.

Selon Moroni, cette nouvelle augmentation « remplit la parole promise par le président Alberto Fernández selon laquelle les valeurs des salaires et des revenus augmentent au-dessus de l’inflation ».

Manifestations contre le gouvernement d’Alberto Fernández

Plusieurs organisations de gauche en Argentine ont défilé mardi à Buenos Aires pour exiger l’augmentation des salaires et protester contre le paiement de la dette auprès du Fonds monétaire international et l’ajustement fiscal.

« Ils vont essayer d’appliquer un ajustement fort pour pouvoir garantir les accords avec le FMI et le nouveau cabinet complètement à droite », a déclaré Celeste Fierro, leader du Mouvement socialiste ouvrier. Des milliers de manifestants se sont rassemblés sur la Plaza de Mayo devant le siège du gouvernement pour crier leur mécontentement.

Des manifestants protestent contre l'administration du président argentin Alberto Fernández et l'accord avec le FMI au milieu d'une grave crise économique, à l'Obelisco, à Buenos Aires, Argentine, le 21 septembre 2021.
Des manifestants protestent contre l’administration du président argentin Alberto Fernández et l’accord avec le FMI au milieu d’une grave crise économique, à l’Obelisco, à Buenos Aires, Argentine, le 21 septembre 2021. © Miguel Lo Bianco / Reuters

L’Argentine est en pourparlers avec le FMI pour modifier les conditions du crédit de 45 000 millions de dollars en 2018. Ce n’est qu’en 2022 qu’il faudra débourser 19 000 millions de dollars que le gouvernement prétend ne pas avoir. « Il y a plus de discussions sur la manière de clôturer les comptes avec le FMI que sur la manière de sortir de cette situation », critique Silvia Saravia, de l’organisation Barrios de Pie.

L’opposition néolibérale et de centre-droit a remporté 40 % des voix aux primaires, avant les législatives de mi-mandat du 14 novembre, où la moitié des députés et un tiers du Sénat seront renouvelés. Le parti au pouvoir dirigé par Fernández court le risque de perdre sa position politique à la Chambre basse et le quorum à la Chambre haute.

Avec l’EFE et l’AFP