Ecologie

Lancement du One Ocean Summit, le sommet international sur la protection des océans

Dans les prochains jours, la ville française de Brest sera le lieu où les chefs d’État et les personnalités représentatives de dizaines de pays se réuniront pour discuter des mesures de protection des espaces marins. La lutte contre la pêche illégale et les plastiques seront les axes principaux du congrès. L’Elysée a annoncé que le Premier ministre indien, Narendra Modi, ferait une annonce sur ce dernier point.

A partir de ce mercredi 9 février, jusqu’à vendredi, aura lieu le One Ocean Summit, le sommet pour rechercher un consensus sur les méthodes de protection des océans.

Dans la ville française de Brest, des dizaines de personnalités internationales assisteront à l’événement où la lutte contre la pêche illégale et le plastique, l’une des causes polluantes les plus nocives pour l’écosystème, seront abordés comme axes principaux.

Comme le souligne l’Elysée, il y aurait des « annonces obligatoires importantes » en référence aux précautions qui seront mises en place sur les produits plastiques qui occupent l’espace marin et qui arrivent à 80% de la métropole.

Des pays très polluants comme la Chine et l’Inde étudient les moyens de créer une législation pour contrôler ce problème. Le Premier ministre indien Narendra Modi fera une annonce sur la question.

Pour sa part, concernant la pêche illégale, la présidence française l’a assimilée à des figures criminelles graves comme le trafic de drogue et la piraterie pour avoir des similitudes dans l’impact négatif de l’écosystème et les conditions de travail de sa main-d’œuvre.


Parallèlement, il s’agira d’élaborer de nouveaux engagements internationaux pour stopper l’acidification des océans et la réduction des émissions de gaz à effet de serre qui compliquent la montée des eaux. De plus, ils parleront du resserrement de la réglementation sur les eaux internationales.

Cette réunion réunira 40 pays, des ONG et des représentants de la société civile. Parmi eux, la participation du président égyptien Abdelfatah al-Sisi se démarque, étant donné que la COP-27 de cette année se tiendra dans ce pays d’Afrique du Nord.

Outre l’Egyptien, il y aura aussi les chefs d’Etat des membres du bassin méditerranéen, comme le Maroc, la Tunisie ou la Croatie. De l’Amérique du Sud sera Iván Duque, chef d’État de la Colombie. Alors que John Kerry participera pour les États-Unis.

Le paysage océanique en chiffres

La température moyenne des océans en 2020 était de 14,4°C, selon l’Agence américaine pour l’observation océanique et atmosphérique. Un nouveau record. En comparaison, il y a 20 ans, il faisait 13,8°C.

Le pH actuel de l’océan – son niveau d’acidité – est de 8,15. C’est le plus bas des 22 derniers siècles, enregistré par l’Organisation météorologique mondiale. En raison de la réception de dioxyde de carbone de l’atmosphère, les océans deviennent plus acides, ce qui rend difficile la vie marine, car elle ne prospère qu’à un pH de 8,25.

Le taux moyen d’élévation du niveau de la mer en 2021 était de 4,4, selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Elle est passée d’une moyenne de 2,1 mm par an entre 1993 et ​​2002 à 4,4 mm par an entre 2013 et 2021.

44% des stocks de poissons sont surexploités dans le monde, selon les estimations de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. A ces niveaux, les espèces ne peuvent plus se renouveler.

Le transport maritime représente 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon l’Institut supérieur d’économie maritime, ce qui est supérieur au transport aérien dont le pourcentage est estimé à 2%.

17% des animaux marins pourraient disparaître d’ici 2100 si les émissions de dioxyde de carbone se poursuivent au rythme actuel, a averti le magazine américain PNAS en 2019. Si le monde parvenait à maintenir le réchauffement en dessous de 2°C, cette baisse serait limitée à 5%.

99% des récifs coralliens sont voués à disparaître à cause du réchauffement climatique, selon une étude publiée mardi 1er février dans la revue PLOS Climate. Bien qu’ils ne couvrent que 0,2% de la surface des océans, ils constituent un écosystème essentiel, abritant près d’un quart de toutes les espèces marines.

La quantité moyenne de plastique déversée dans les océans chaque année est de 11 tonnes. Ce nombre pourrait doubler d’ici 2030, a averti l’ONU. Environ 95 % de ces déchets qui flottent à la surface de l’eau finissent sur les fonds marins sous forme de microplastiques et sont impossibles à valoriser.


Un morceau de plastique colle à un oursin dans l'océan Indien près de Galle, au Sri Lanka, le 10 janvier 2022.
Un morceau de plastique colle à un oursin dans l’océan Indien près de Galle, au Sri Lanka, le 10 janvier 2022. Olivier MORINAFP/Archives

8% des zones marines sont protégées sur la planète, assurait le rapport 2020 du Programme des Nations unies pour l’environnement. Il s’agit de 28,1 millions de kilomètres carrés, un chiffre qui ne cesse d’augmenter, mais c’est encore loin de l’objectif fixé par la communauté internationale, qui est d’atteindre 10 %.

Autour des côtes du monde vivent 600 millions de personnes. Parmi eux, 200 millions travaillent dans la pêche maritime, selon l’ONU.

avec EFE