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Les deux derniers rapports sur la diversité biologique de la planète révèlent une image plutôt sombre. L'Amérique latine arrive en tête de la liste des régions avec la plus grande perte d'espèces de mammifères, d'oiseaux, d'amphibiens, de reptiles et de poissons. L'agro-élevage est la principale cause de destruction des écosystèmes sauvages. Selon les experts, des efforts collectifs sont nécessaires pour arrêter la disparition rapide des animaux et des plantes.

Plusieurs rapports récemment publiés nous rappellent que la perte de diversité biologique continue de s'accroître. D'une part, le Fonds mondial pour la nature, WWF, a publié son rapport Planète vivante 2020 dans lequel il conclut que sur les près de 4400 espèces de mammifères, d'oiseaux, d'amphibiens, de reptiles et de poissons surveillés, la taille a diminué de 68%. de sa population, entre 1970 et 2016, dans le monde. Cependant, les chiffres varient considérablement selon l'endroit où nous parlons: alors que l'Europe et l'Asie centrale ont connu un déclin de 24%, l'Amérique latine et les Caraïbes ont connu un déclin de 94% de ces espèces.

L'Amérique latine et les Caraïbes sont la région qui souffre le plus de la perte de diversité biologique
L'Amérique latine et les Caraïbes sont la région qui souffre le plus de la perte de diversité biologique © France 24

Dans la région, le principal moteur de cette disparition est la conversion des prairies, des savanes, des forêts et des zones humides en lieux de pâturage du bétail ou d'agriculture, notamment dans la production de soja, d'huile de palme et de bœuf. A cela s'ajoute la construction d'infrastructures, la croissance urbaine, l'exploitation minière ou la production d'énergie.

Le rapport du WWF rappelle qu'il n'y a que quelques régions dans le monde avec des zones totalement sauvages, c'est-à-dire où l'empreinte humaine n'a pas interféré avec la nature. Ces régions se trouvent principalement au Canada, au Brésil, en Russie, dans le désert du Sahara en Afrique et en Australie.

Il ne reste que quelques zones totalement sauvages sur la planète.
Il ne reste que quelques zones totalement sauvages sur la planète. © France 24

Un autre rapport publié par l'ONU le 15 septembre intitulé "Global Outlook on Biodiversity", le cinquième à être publié par les Nations Unies, insiste sur la nécessité d'une action conjointe et rapide dans tous les secteurs de la société, comme cela a été fait. contre la nouvelle pandémie de coronavirus, comme le seul moyen de stopper voire inverser la perte de biodiversité.

António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, a déclaré que << l'impact traumatique de la pandémie de Covid-19 nous laisse des leçons importantes concernant notre réponse à la crise de la biodiversité. D'une part, il a démontré de manière choquante la relation entre nous traitons le monde des êtres vivants et l'apparition de maladies chez les humains. Et d'autre part, les réponses des gouvernements et des peuples du monde entier ont démontré la capacité de la société à prendre des mesures, auparavant impensables, qui impliquent des transformations d'énormes efforts de solidarité et multilatéraux face à une menace commune. "

Avec des efforts conjoints dans plusieurs domaines, il sera possible d'inverser la courbe de déclin de la biodiversité
Avec des efforts conjoints dans plusieurs domaines, il sera possible d'inverser la courbe de déclin de la biodiversité © France 24

Les deux rapports établissent un lien entre la disparition de ces habitats sauvages et l'apparition de maladies infectieuses. C'est ainsi que Fran Price, chef de file de la pratique forestière mondiale au WWF International, déclare: «La déforestation entraîne une plus grande interaction entre la faune, le bétail et les humains. Cela augmente la probabilité de maladies zoonotiques comme Ebola ou Covid-19 Les forêts agissent comme une barrière qui éloigne ces maladies des humains. "

La nécessité d'investir davantage de ressources est l'une des conclusions du rapport, mais de nombreux pays n'en ont pas. Pour résoudre ce problème, une étude de l'Institut international pour l'environnement et le développement propose un système d'échange de la dette extérieure des pays en développement contre des programmes de protection de la biodiversité et de lutte contre le changement climatique, augmentant ainsi leur résilience. Un système qui apporterait une solution à trois crises simultanées: la crise de la dette, la crise climatique et la perte de biodiversité.

Selon l'IIED, ces pays sont ceux qui bénéficieraient le plus d'un échange de leur dette extérieure en échange de projets environnementaux.
Selon l'IIED, ces pays sont ceux qui bénéficieraient le plus d'un échange de leur dette extérieure en échange de projets environnementaux. © France 24

L'étude répertorie les pays débiteurs qui bénéficieraient le plus de ce type d'échange, en fonction de leur vulnérabilité au changement climatique, de la richesse de leur écosystème et de leur niveau d'endettement. Sur les six premiers, deux se trouvent en Amérique centrale.