Meilleur clip pour Brown Skin Girl, meilleure performance R & B pour Black Parade, meilleure chanson de rap et meilleure performance rap pour Savage : Queen B a confirmé son statut au faîte de la musique, mais elle n’est pas la seule à tutoyer les sommets, souligne The Hollywood Reporter. “Les 63e Grammy Wards ont représenté une nuit historique pour les femmes. Ce 14 mars, Beyoncé a établi un nouveau record pour le nombre de récompenses remportées par une femme [elle cumule désormais 28 trophées depuis le début de sa carrière] tandis que Taylor Swift est devenue la première femme à remporter le prestigieux titre d’album de l’année pour la troisième fois.”

Meghan Thee Stallion empoche pour sa part le prix du meilleur nouvel artiste, récompense qui n’avait pas été attribuée à une rappeuse depuis Lauryn Hill en 1999. Aux côtés de Beyoncé, elle a interprété son succès Savage avant d’être rejointe par sa complice Cardi B pour entonner une fois de plus leur sulfureuse chanson W.A.P. (dans une version adaptée aux règles de censure de la chaîne CBS). Par ailleurs, poursuit le magazine, “des artistes féminines triomphent dans les quatre catégories majeures : Taylor Swift avec l’album de l’année pour Folklore […] Billie Eilish avec l’enregistrement de l’année pour Everything I Wanted ; I Can’t Breathe de H.E.R. est nommée chanson de l’année ; Future Nostalgia de Dua Lipa est sacré meilleur album vocal pop.”

Surprises et déception

La jeune chanteuse pop Billie Eilish avait déjà raflé la mise l’an passé, rappelle Variety, et s’est dit la première surprise de cette nouvelle récompense. “Je suis tellement gênée”, a-t-elle confié pour son discours, en insistant sur le fait qu’à ses yeux, c’est Meghan The Stallion qui méritait cet honneur. Au total, le palmarès est très largement réparti entre bon nombre d’artistes, analyse le magazine, il n’y a pas un nom unique qui se dégage.

Le bilan est plus amer pour les amateurs de K-pop.BTS et leurs fans sont déçus par la nuit des Grammy Awards à Los Angeles : la palme de la meilleure performance pop par un duo ou un groupe est allée à Lady Gaga et Ariana Grande [pour Rain on Me]”, relate Time. Néanmoins, le groupe coréen, qui avait fait quelques brèves apparitions lors de précédentes cérémonies, a cette fois-ci eu un temps d’antenne plus important pour interpréter leur hit bilingue, Dynamite, “avec une performance pleine d’énergie et d’une précision redoutable”, en direct de Séoul depuis une scène reconstituée. Ils deviennent ainsi “le premier groupe sud-coréen à interpréter l’une de ses chansons à une soirée des Grammys”. Le magazine espère y voir un signe de bon augure pour l’année prochaine avec, qui sait, “une chanson intégralement en coréen” ?

Une cérémonie réussie même à distance

Les commentateurs soulignent enfin la qualité de cette cérémonie – longue de près de quatre heures – à comparer aux pluies de critiques essuyées par les récents Golden Globes. Ici, “alors que le show présentait un mélange de direct et de performances enregistrées à l’avance, l’ensemble s’est déroulé de façon fluide et sans accroches”, salue Rolling Stone. Le ton était aussi volontairement politique. En plus de la chanson de l’année I Can’t Breathe pour la rappeuse H.E.R., les allusions au mouvement Black Lives Matter se sont multipliées au fil de la soirée. Le magazine musical applaudit particulièrement “l’un des passages les plus puissants de la soirée : la mise en scène [ci-dessous] par Lil Baby de sa poignante dénonciation des violences policières, le morceau contestataire The Bigger Picture”.

Seul bémol, aux yeux de Vulture : le maître de cérémonie Trevor Noah s’est montré moins incisif que d’ordinaire, “sans l’exubérance qu’on lui connaît […] et qui aurait été la bienvenue”. Pas de quoi gâcher l’ensemble, tant s’en faut, estime cependant The New York Times. Pour le quotidien, ces Grammy Awards “ont combiné la splendeur, le charisme des stars et l’adaptation à l’ère de la pandémie […] pour rendre hommage à la musique qui a émergé d’une année si difficile. Les mobilisations de Black Lives Matter ont été mises à l’honneur ainsi que – après des années de critique pointant du doigt la négligence [de la diversité] – le rôle des femmes dans la musique pop.”

Hugo Florent