Ecologie

Plus de 38 500 espèces sont en danger d’extinction, selon la Liste rouge de l’UICN

Le nouveau document de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), présenté lors du Congrès mondial de la nature qui s’est tenu à Marseille, en France, indique que 28 % des espèces classées sont en danger d’extinction.

L’impact destructeur de l’humanité a mis en péril l’existence de plus de 38 500 espèces. C’est ce qu’indique l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans sa dernière Liste rouge des animaux menacés.

Ce document, qui est la version la plus à jour de la liste, a été présenté lors du Congrès mondial de la nature, qui se tient dans la ville française de Marseille. Les experts affirment que sur les 138 374 espèces étudiées, 38 543 pourraient disparaître de la surface de la Terre ; ce qui correspond à 28% des espèces classées.

Les chercheurs ont également révélé que 37 % des espèces mondiales de requins et de raies pourraient disparaître, soit une augmentation de 13 % par rapport au chiffre de 2014. Pour l’UICN, les principaux facteurs qui menacent leur survie sont la pêche, la dégradation ou la perte de ses l’habitat (qui représente 31 % des cas) et le changement climatique (avec 10 % des cas).

Fichier photo.  37 % des espèces de requins et de raies dans le monde sont menacées par la surpêche, la dégradation et la perte d'habitats et le changement climatique.  17 septembre 2013. Aquarium Churaumi d'Okinawa, Japon.
Fichier photo. 37 % des espèces de requins et de raies dans le monde sont menacées par la surpêche, la dégradation et la perte d’habitats et le changement climatique. 17 septembre 2013. Aquarium Churaumi d’Okinawa, Japon. © Eugène Hoshiko / AP

Cinq espèces de poissons-scies – dont le museau s’emmêle dans les poissons rejetés en mer – et le célèbre requin mako à nageoires courtes sont parmi les plus menacées.

« En ne limitant pas suffisamment les captures, nous mettons en danger la santé des océans et gaspillons des opportunités pour la pêche durable à long terme, le tourisme, les traditions et la sécurité alimentaire », a expliqué Sonja Fordham, présidente de Shark Advocates International, dans une interview à l’AFP.

Cependant, le rapport a montré une lueur d’espoir en signalant que les quotas de pêche ont contribué au rétablissement de quatre espèces de thon. Il s’agit notamment du thon rouge de l’Atlantique, qui est passé de « en danger » à « moins préoccupante » et le thon rouge du Sud, qui est passé de « en danger critique » à « en danger ».

Bruno Oberle, directeur général de l’UICN a déclaré que « les espèces peuvent se rétablir si les États mettent en œuvre des pratiques durables ».

Mais ce n’est pas le cas de tous les animaux. Dans le cas du célèbre dragon de Komodo, endémique d’Indonésie et que l’on ne trouve que dans le parc national de Komodo, la situation s’est aggravée après que l’espèce soit passée de « vulnérable » à « en danger ». De plus, le plus grand lézard vivant sur Terre pourrait voir son habitat réduit de 30 % au cours des 45 prochaines années en raison de l’augmentation mondiale des températures et du niveau des mers.

Le Congrès mondial de la nature, un rendez-vous urgent pour la planète

Le Congrès mondial de la nature se tiendra jusqu’au 11 septembre et rassemble environ 1 400 organisations, associations civiles et peuples autochtones. Son objectif est de réactiver et de créer de nouveaux engagements pour protéger la biodiversité, ainsi que des actions concrètes pour la conservation des écosystèmes.

Les experts des Nations Unies ont indiqué que près d’un million d’espèces animales et végétales sont en danger d’extinction. En 2019, ils ont averti que la nature « décline plus rapidement que jamais dans l’histoire de l’humanité ».

Cette situation met en danger l’existence humaine sur Terre et contribue à la multiplication des catastrophes climatiques liées au réchauffement climatique. Des études récentes prouvent que plusieurs des écosystèmes de la planète ont été gravement touchés par les activités humaines telles que la déforestation, la dégradation de l’habitat et la pollution, entre autres menaces.

On estime que plus de la moitié de toutes les espèces de rapaces dans le monde sont en déclin et que 18 espèces sont en danger critique d’extinction. En outre, la hausse des températures et la fonte des glaces devraient mettre en danger 70 % des colonies de manchots empereurs d’ici 2050 et 98 % d’ici 2100.

Avec AP, AFP et EFE