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Paola Pérez, l’épopée d’une nageuse vénézuélienne qui cherche à atteindre Tokyo 2020

Quelles sont les difficultés d’un athlète vénézuélien à se préparer et à tenter de se qualifier pour les Jeux Olympiques? Paola Pérez est une nageuse en eau libre et s’entraîne en provenance du Chili, tout en travaillant et en faisant une campagne de financement. En 2019, il a failli souffrir d’hypothermie aux Jeux panaméricains en concourant sans la bonne combinaison.

Simple, humble, simple, discret. Difficile de croire que derrière ces verres en verre et ce regard parfois timide se cache une nageuse dont la force mentale l’a amenée, à 29 ans, à surmonter des obstacles sportifs et personnels compliqués.

Paola Pérez, athlète olympique en eau libre, médaillée d’argent aux Jeux panaméricains 2015, s’exprime depuis la maison où elle réside avec son petit ami Hugo à Santiago du Chili, après avoir traversé l’Équateur. Dans cet appartement, il accumule peu d’effets personnels. La plupart sont des instruments pour pouvoir s’entraîner depuis votre résidence.

Paola Pérez a lancé une campagne Go Fund Me pour rechercher des fonds pour financer sa préparation aux Jeux olympiques de Tokyo, pour lesquels elle ne s'est pas encore qualifiée.
Paola Pérez a lancé une campagne Go Fund Me pour rechercher des fonds pour financer sa préparation aux Jeux olympiques de Tokyo, pour lesquels elle ne s’est pas encore qualifiée. © France 24

«Beaucoup de gens quittent le pays (Venezuela) pour des raisons économiques, je suis en fait parti pour une question de piscines. C’est mon moyen par lequel je bouge et c’est en fait ce qui m’a forcé à sortir, à trouver une piscine où je pourrais m’entraîner deux fois par jour », explique l’athlète.

La pandémie a été franchie dans sa préparation pour Tokyo 2020

La pandémie de Covid-19 a été un énorme obstacle pour les athlètes du monde entier dans leurs préparatifs pour les Jeux olympiques de Tokyo. Mais les difficultés se multiplient pour ceux qui, comme Paola, n’ont pas toujours le soutien nécessaire de l’État.

«C’est ce qui peut me caractériser comme différent, que je ne les ai pas tous sous la main, j’ai dû gratter, chercher ici, parler avec quelqu’un qui veut investir en moi», dit-il.

Bien qu’elle n’ait pas de double séance comme elle le souhaiterait, elle dit que chaque formation qu’elle a le fait «mourir» et assure qu’elle veut «profiter du temps sur terre qu’elle n’a pas dans l’eau». Elle pratique cela lorsqu’elle s’entraîne près de chez elle, agissant comme son propre entraîneur.

Autofinancement qui utilise la solidarité

Paola a été forcée de travailler pour faire face aux dépenses quotidiennes. «Le travail affecte un peu ma performance à l’entraînement. Parfois, l’argent ne me suffit pas en tant que tel ».

Contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays, où les athlètes olympiques ont de gros parrainages, toutes les cultures ne valorisent pas leurs athlètes de la même manière, une situation qui se répète beaucoup dans plusieurs pays d’Amérique latine. Dans le cas de Paola, elle a dû opter pour l’autofinancement privé, pariant sur les dons privés.

« J’ai ouvert le ‘Go Fund Me’ car ils ne m’ont pas donné le financement dont j’avais besoin pour cette préparation et le temps presse. »

Les meilleurs et les pires moments de sa carrière

Rétrospectivement, Paola souligne deux grands moments de sa carrière: remporter la médaille panaméricaine et se qualifier pour les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016.

Son regard s’emplit d’émotion lorsqu’il parle de sa médaille d’argent aux Jeux panaméricains de 2015. «Pour moi, remporter la médaille panaméricaine était une surprise, je ne m’y attendais pas», dit-il.

Mais ce sont des moments difficiles qui renforcent la force mentale. Il ne lui est pas difficile de signaler le pire moment de sa carrière, celui où les yeux du monde se sont arrêtés sur elle.

Paola a fait la une de la presse mondiale en souffrant presque d’hypothermie et en étant la seule nageuse de la compétition à ne pas avoir de combinaison réglementaire, une situation qui a exposé au monde la précarité à laquelle les athlètes vénézuéliens sont confrontés.

Paola Pérez était déjà aux Jeux Olympiques de Rio 2016 et maintenant elle veut continuer son chemin et rejoindre Tokyo.
Paola Pérez était déjà aux Jeux Olympiques de Rio 2016 et maintenant elle veut continuer son chemin et rejoindre Tokyo. © France 24

«Beaucoup de choses me sont venues à l’esprit, le fait que je n’avais pas de maillot de bain, les autres en avaient, ils allaient avoir un avantage, je n’avais pas eu de préparation, ils l’ont fait, donc ça me faisait partir à chaque fois en me fanant plus mentalement ».

Le prochain objectif est clair: réaliser en pré-olympique à Fukuoka, en mai, l’une des places des éliminatoires. « Je suis un peu aveugle, mais je me sens bien physiquement et mentalement. »

Le tatouage des anneaux olympiques sur son épaule, clairement visible, montre à quel point ce rêve est gravé dans son esprit.

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