On a testé les meilleures weeds du monde
Culture

On a testé les meilleures weeds du monde

Alors que grondent de vives polémiques au sujet de la dépénalisation, voire de la légalisation du cannabis, il est bon de se pencher sur le problème une bonne fois pour toutes. Assez de blabla et de vaines arguties, à bas les pisse-froid et place à la témérité, à l’héroïsme, au sacrifice et passons au test des meilleures herbes du monde ; les gagnantes de la dernière Cannabis Cup.

La Cannabis Cup d’Amsterdam est la plus célèbre des compétitions cannabiques où s’affronte chaque année la crème des breeders mondiaux dans une ambiance potache et totalement ringarde, où piercings, tatouages et dreadlocks sont les signes d’un très conformiste anticonformisme. On y rentre en faveur de la légalisation, on en ressortirait presque avec l’envie d’arrêter de fumer, bref…

On y fêtait la 25e édition, et le cru était une fois de plus excellent !

Voici les résultats des 4 catégories reines :

CANNABIS CUP

1re place de la Cannabis Cup — Flower Bomb Kush de Green House Seeds

Les têtes sont très denses et recouvertes d’une superbe couche de cristaux de THC. L’odeur qui se dégage des fibres est très épicée. C’est envoûtant. Le goût est intense, musqué et sucré à la fois… C’est tellement fort que j’ai du mal à garder les yeux ouverts. La perspective de vivre à l’aide du seul RSA ne me paraît plus si pénible tout d’un coup. C’est une première place amplement méritée ! Les gars de Green House Seeds peuvent être fiers.

2e place de la Cannabis Cup — Shoreline de The Green Place

La Shoreline est une skunk légendaire créée après un concert des Grateful Dead au Shoreline Amphitheather, c’est dire… La tête très compacte craque parfaitement sous les doigts en dégageant de puissants arômes d’agrumes, de poivre et de diesel. Le goût est tout aussi marqué. C’est une herbe parfaite pour lutter contre l’insomnie et le stress. Vos problèmes ne disparaissent pas, vous les oubliez tout simplement.

3e place de la Cannabis Cup — Evergrey de Grey Area

Le goût est étonnant. Du pin, de l’agrume. Vraiment agréable en bouche. La défonce s’installe… C’est du high… Je me sens bien. Une très bonne herbe de début de soirée ou pour les pauses pétards au travail, entres collègues dans les issues de secours, à bavasser de productivité.

INDICA CUP

1re place de la coupe Indica — Kosher Kush de Reserva Privada

Les Kush sont décidément à l’honneur cette année et celle-ci est tout simplement incroyable. Très intense en bouche comme aux narines. Poivre, épices, résines, c’est riche et efficace. Très utile comme somnifère. À définitivement déconseiller en société.

2e place de la coupe Indica — True OG de Elemental Seeds

Avec 100% de génotype Indica, cette Kush au pedigree de championne développe des odeurs de terre, de pin et de hash libanais. Le coup de fouet est instantané. Conseillée pour lutter contre la douleur. Je ne sens plus mes membres inférieurs…

3e place de la coupe Indica — SFV OG Kush de Cali Connection

Dès la première taffe, on reconnaît très clairement le goût musqué caractéristique de la OG Kush. Mes papilles crépitent mais un goût de citron très prononcé finit par prendre le dessus. C’est puissant, mi-stone, mi-high. Excellente herbe… Je m’enfonce un peu dans mon canapé et je trouve que le monde est super sympa et rempli de gens ultra sympas.

« Un stick de plus et mon cerveau finit dans l’arrière-cour. »

Kool Shen

SATIVA CUP

1re place de la coupe Sativa – Amnesia Haze de Soma’s Sacred Seeds

La reine des herbes, la fameuse et légendaire Amnesia Haze, créature du gourou Soma, a, cette année encore, dominé la catégorie Sativa. C’est tellement fort que j’ai l’impression d’halluciner… J’entends des voix… Ma jambe n’arrête pas de bouger… Comment dire, je n’arrive pas à l’expliquer mais j’ai comme un goût de citron dans le cerveau, précisément sous la glande pinéale… Prévoir aussi quelques boîtes de collyre et de la coke pour redescendre.

2e place de la coupe Sativa – Sour Amnesia de Hortilab

Odeurs de kérosène et de pamplemousse pour cet enfant terrible de deux monstres : la New York Diesel et l’Amnesia Haze. Le goût est saisissant et vous laisse la bouche pâteuse en un rien de temps. C’est du high… Une question me taraude : me restera-t-il des bouts de cerveaux dans les trous une fois le test fini ?

3e place de la coupe Sativa – Green Shack de Strain Hunters Seedbank

Comme toujours avec les gars de Strain Hunters, c’est très goûtu, avec de vifs arômes de cèdre et de châtaigne. C’est osé. Une beuh de sybarite distingué qui détendrait un cadavre. Oui, oui… J’ai envie d’aller pisser mais les toilettes, éloignées de quelques mètres, me semblent être sur un autre continent. C’est une certitude, comme la physique quantique, la fumée rend le monde plus vaste…

HYBRID CUP

1re place de la coupe Hybrid – Loud Scout de Loud Seeds?

Je commence à avoir de sacrés troubles visuels et je crois entendre de la musique mais après constatation ce n’est que le battement de mon cœur… Je me suis pas vraiment remis de l’Amnesia Haze. La Loud Scout ne me fait rien du tout. J’ai atteint un palier duquel je me pense maintenant inatteignable et il est clair, dans ce qu’il me reste d’esprit, que je ne redescendrai jamais plus…

2e place de la coupe Hybrid – Rock Star de Bonguru Seeds?

Une herbe très grasse qui laisse pas mal de résine sur les doigts. Des arômes de baies et d’agrumes. Une haute teneur en THC avec un très gros effet « stone » dès les premières bouffées. J’ai du mal à finir le spliff mais j’ai encore plus de mal à ne pas le finir.

« J’ai du mal à finir le spliff mais j’ai encore plus de mal à ne pas le finir. »

3e place de la coupe Hybrid – Rug Burn OG de Rare Dankness Seeds

C’est très amer, ça sent la Haze, le poivre aussi, ça pique les yeux ! L’effet est très fort. Je commence à avoir des palpitations au cœur… Et je ne suis pas mécontent d’être arrivé au bout de cette connerie car je pense avoir atteint les limites de ce qu’un homme est capable de supporter. Un joint de plus et mon intégralité psychique en aurait souffert d’irréparables dommages. J’ai le sentiment du devoir accompli, soit ce vide sidéral où l’on se demande pourquoi on fait un tas de choses.

Avec tout ça, je vais sans doute gagner le prix Pulitzer. Comme ça m’a coûté bonbon cette histoire, je me demande si je vais réussir à me faire rembourser mes frais par la rédaction…