La France

La France rejette les accusations « d’espionnage » portées par le Mali après la plainte concernant un charnier à Gossi

L’armée française a rejeté ce vendredi les accusations « d’espionnage » portées par le Mali contre Paris pour un enregistrement réalisé par un drone sur des membres présumés de la société privée russe Wagner Group manipulant des corps puis incriminant des troupes françaises.

Le porte-parole des Forces armées françaises, Pascal Ianni, a souligné dans des déclarations à la chaîne de télévision française TV5 Monde que Paris « a diffusé les images pour démontrer sa bonne foi » et que les forces françaises « ne sont pas responsables de crimes de guerre ».

L’enregistrement publié par l’armée française montre des membres présumés du groupe Wagner manipulant des corps dans une fosse commune près d’une base militaire à Gossi, dont le contrôle a été remis quelques jours plus tôt par la France aux forces maliennes.

En ce sens, il a souligné que « le Groupe Wagner et les mercenaires du Groupe Wagner sont à l’origine de l’organisation de ce massacre au Mali », avant d’ajouter que « l’objectif était de porter atteinte à la crédibilité des Armées françaises et de porter des accusations contre elles pour alimenter sentiment anti-français ».

Ianni a également confirmé que la France dispose de « différents engins qui se trouvent dans le ciel malien et qui opèrent pour neutraliser la menace terroriste », avant de souligner que ces survols ont lieu dans le cadre d’un accord conclu en 2013 avec les autorités maliennes.

Le porte-parole du gouvernement malien Abdoulaye Maiga a accusé mercredi la France d' »espionnage » et dénoncé « plus de 50 cas de violation délibérée de l’espace aérien malien par des avions étrangers, principalement exploités par les forces françaises » depuis le début de l’année.

« Outre l’espionnage, les forces françaises se rendent coupables de subversion en publiant de fausses images mises en scène pour accuser les armées d’être à l’origine d’un massacre de civils dans le but de porter atteinte à l’image des armées, qui sont impliquées dans des tâches de libération du territoire, la protection des populations submergées par une longue crise », a-t-il souligné.

Les gouvernements de la France et du reste des pays européens qui participent et collaborent à l’opération « Barkhane » et à la Force Takuba, en plus du Canada, ont annoncé en février le retrait de leurs forces du Mali, où elles étaient déployées pour aider Bamako en la lutte contre le djihadisme.

Les tensions sont montées ces derniers mois en raison de l’annonce par la junte militaire de prolonger le processus de transition entre quatre et cinq ans et de reporter les élections prévues en février, sur fond d’échanges d’accusations entre Paris et Bamako sur la lutte antiterroriste. efforts et le déploiement des mercenaires du groupe Wagner.

Le groupe Wagner a envoyé des mercenaires dans plusieurs pays africains ces dernières années, dont la Libye et la République centrafricaine (RCA), ce qui a suscité des soupçons quant à l’implication de Moscou dans divers conflits sur le continent.