“Je suis venue soutenir André Ventura, parce que j’ai reconnu en lui la droiture, l’énergie, l’honnêteté, la conviction et l’amour de la patrie.” Marine Le Pen a commencé hier vendredi 8 janvier son déplacement à Lisbonne par cette déclaration de soutien au président de Chega, un jeune parti de droite radicale populiste, et candidat à l’élection présidentielle portugaise du 24 janvier prochain.

Lors de leur allocation commune en bordure de l’avenida da Liberdade, l’artère principale de la capitale portugaise, “les deux leaders de partis d’extrême droite – bien que Ventura récuse cette étiquette pour lui et son alliée – ont rivalisé de critiques à l’égard des politiques migratoires de l’Union européenne”, rend compte le journal Público.

S’affichant à l’unisson contre l’islamisme ou l’immigration de masse, ces derniers se sont également couverts d’éloges réciproques. Pour Ventura, “Le Pen a été une combattante pour une Europe en laquelle nous croyons, chrétienne de culture et d’identité, contre l’immigration incontrôlable”. Pour Le Pen, “Ventura est un leader politique fort et talentueux qui, en deux ans, a su créer un mouvement politique prometteur”.

Transfuge du Parti social-démocrate (PSD), principale force de centre-droit et d’opposition au Portugal, le jeune loup de 37 ans a lancé le parti Chega (“ça suffit”) en avril 2019, qui lui a permis d’entrer au Parlement six mois plus tard. Une enceinte où ce docteur en droit et professeur d’université s’illustre depuis par son éloquence, qu’il avait affûtée auparavant sur les plateaux télé en tant que commentateur de football.

Une ascension météorique

Dans un pays qu’on disait hier hermétique à l’extrême droite, l’opportuniste leader de Chega est aujourd’hui crédité de 9,5 % de voix à la présidentielle, loin derrière l’actuel chef d’État de centre-droit Marcelo Rebelo de Sousa (59,3 %), mais à égalité avec la dissidente socialiste Ana Gomes, selon un dernier sondage relayé ce samedi par le Jornal de Negócios.

Une ascension saluée ce week-end par Marine Le Pen, qui sera de nouveau au côté d’André Ventura demain dimanche à 15 heures, sur la praça Luís de Camões, en plein cœur de Lisbonne. L’hebdomadaire Visão rapporte qu’en réaction, le Front unitaire antifasciste appelle les Portugais à descendre dans la rue pour réserver, selon son communiqué, “le pire accueil qui soit aux fascistes Le Pen et Ventura”.

Vincent Barros