La France

Bruxelles rappelle à Barnier la primauté du TUE après avoir défendu un référendum en France sur les migrations

La Commission européenne a réagi ce vendredi en défendant la primauté du droit européen après que l’ancien négociateur de l’UE pour le Brexit et désormais candidat conservateur à la présidentielle en France, Michel Barnier, ait promis un référendum sur la politique migratoire s’il remporte les élections qui auront lieu en 2022.

Dans un acte électoral pour les primaires républicaines, Barnier a déclaré jeudi que la France devrait « regagner sa souveraineté juridique afin qu’elle ne soit plus soumise aux arrêts de la Cour de justice de l’UE ou de la Cour européenne des droits de l’homme ».

L’Exécutif communautaire a évité de répondre directement à ces propos en arguant qu’ils ne valorisent pas les déclarations de tiers, moins dans le cadre de campagnes électorales où la liberté d’expression doit être respectée, mais a voulu souligner la primauté du droit communautaire.

« Les traités sont très clairs : la gestion des migrations et l’asile sont une compétence partagée entre l’UE et les États membres, sur laquelle la Cour européenne est compétente », a déclaré le porte-parole en chef de la Commission, Éric Mamer, dans une conférence de presse interrogé par Barnier. .

L’homme politique français a été par le passé commissaire européen et également chargé de négocier avec le Royaume-Uni l’accord de divorce au nom de l’UE, un processus tendu au cours duquel il a fermement insisté sur la nécessité pour Londres d’assumer les pouvoirs de la Cour de justice UE.

Pourtant, depuis son retour en politique nationale pour se présenter aux élections présidentielles de 2022, Barnier a durci son discours sur les migrations et la souveraineté nationale, en proposant par exemple un « moratoire » de cinq ans pour fermer la frontière française aux migrations.

Depuis Bruxelles, évitant toujours de répondre directement, ils ont insisté sur le fait que les compétences en matière de migration sont partagées entre l’UE et les gouvernements nationaux, mais que, de toute façon, ce n’est pas la Commission qui « fixe les quotas migratoires » parce que c’est un problème. exclusif aux pays membres.

Par ailleurs, Mamer a rappelé que la Cour des Droits de l’Homme fait également partie des fondements de l’Europe et garante des droits fondamentaux sur tout le continent.

Devant le tollé initial suscité par ses déclarations, Barnier a tenu à nuancer ses propos jeudi via son profil Twitter, où il a demandé de « rester calme » car sa proposition fait référence à l’établissement d’un « bouclier constitutionnel » qui ne s’appliquerait qu’à la politique d’immigration.