Observer le public d’un concert s’époumoner à l’intérieur de bulles en plastique individuelles tient probablement, pour certains, de la vision d’horreur. C’est pourtant la solution trouvée par les Flaming Lips pour maintenir malgré la crise sanitaire leurs concerts à Oklahoma City, les 22 et 23 janvier derniers.

Le groupe de rock psychédélique prévoyait initialement ces shows plastifiés pour le mois de décembre, “mais une flambée de cas de Covid-19 dans l’agglomération d’Oklahoma City avait contraint les Flaming Lips à repousser ces performances”, rappelle Rolling Stone.

Après avoir testé ce concert futuriste au Late Show with Stephen Colbert en juin dernier, puis une nouvelle fois dans l’Oklahoma à l’automne, Wayne Coyne, le chanteur du groupe, affirmait en octobre que l’expérience était “plus sûre que d’aller au supermarché”.

Les vendredi 22 et samedi 23 janvier, les spectateurs sont arrivés trois quarts d’heure avant le début du concert pour s’installer dans 100 sphères gonflables pouvant contenir “jusqu’à trois personnes”, rapporte la BBC, qui relaie les images :

Chaque bulle était équipée de bouteilles d’eau, d’un ventilateur, d’une serviette pour essuyer la condensation et d’une enceinte retransmettant un son de qualité. En outre, les spectateurs disposaient de panneaux indiquant “Je dois aller faire pipi” ou “j’ai trop chaud”, qu’ils pouvaient brandir afin que des membres du staff viennent les escorter aux toilettes ou rafraîchir leur bulle avec de l’air froid.

Des ballons géants formant la phrase “Fuck You Covid-19” et force confettis multicolores complétaient le décor. Les structures sphériques disposent d’une réserve d’oxygène d’une heure et dix minutes, comme le précisait Wayne Coyne en novembre dans une vidéo explicative postée sur la chaîne YouTube du groupe.

“C’est un peu absurde, je suis le premier à le dire”, s’amuse Wayne Coyne dans la vidéo de la BBC. Le chanteur n’en était pas à son galop d’essai, puisqu’il avait pour habitude, depuis 2004, de se placer lui-même dans une sphère de plastique pour rouler au-dessus du public. “Ça faisait partie du spectacle”, explique-t-il.

C’est précisément cette habitude qui lui a donné l’idée d’expérimenter des concerts où chacun serait dans une bulle. Ce qui a commencé comme une sorte de blague, collant à l’univers fantasque du groupe, devient finalement une astuce viable pour organiser des événements compatibles avec la pandémie de Covid-19.

Doit-on s’attendre à ce que ce type de concert se généralise jusqu’à la fin de la crise sanitaire ? Si ce spectacle futuriste correspond à l’état d’esprit déjanté du groupe de rock alternatif, pas sûr qu’il s’adapte à tous les genres musicaux : “S’il y avait bien un groupe au monde pour adhérer à ce concept, c’était nous”, sourit le chanteur.

Placer un orchestre symphonique – contrebasses et piano inclus – dans ces sphères plastifiées serait sans doute un brin plus compliqué. Quant aux joies du pogo, en revanche, elles pourraient prendre une ampleur nouvelle : on imagine aisément un public survolté rouler en tous sens au milieu de la fosse.

Mélanie Chenouard