Les émeutes s’éternisent pendant cinq jours consécutifs bien que l’intensité des combats ait diminué de mercredi à jeudi. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a attribué les altercations à la dureté de l’enfermement.

Les manifestations ont commencé samedi dernier, le 18 avril, quand dans la ville de Villeneuve la Garenne un automobiliste a subi un grave accident en entrant en collision avec une voiture de police.

La controverse sur les réseaux sociaux concernant la responsabilité présumée des agents dans l’accident a servi de combustible à diverses attaques au cours des jours suivants contre les forces de l’ordre, le mobilier urbain et les équipements publics tels qu’une école partiellement incendiée.

Dans la nuit de ce mercredi à jeudi, des sources policières citées par l’agence de presse EFE ont expliqué que cinq des 13 détenus ont été arrêtés à Clamart, au sud-ouest de Paris, pour possession de dispositifs incendiaires. Des sources parlent d’incidents « sporadiques et d’intensité lumineuse ».

À Champigny sur Marne, au sud-est de la capitale, un poste de police a été la cible de plusieurs tirs de mortier artisanal qui n’ont pas provoqué de dégâts ni de blessures importants.

A Gennevilliers, au nord-ouest de Paris, une quinzaine d’engins incendiaires ont été confisqués. La plupart des altercations se sont concentrées précisément dans le département des Hauts de Seine, auquel appartient Genneviliers, et où s’est produit l’accident de motocycliste.

Dans la grande périphérie parisienne, la police a arrêté une personne à Poissy (Yvelines), à l’ouest, et une autre à Corbeil-Essonnes (Essonne), au sud-ouest. Des incidents se sont également produits à Roubaix, Tourcoing et Limoges, dans le reste de la France.

Castaner: « La dureté de l’enfermement » explique les troubles des périphéries

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a relativisé l’importance de ces altercations dans une interview à la télévision française «BFMTV» et les a attribuées en partie aux conditions difficiles vécues par l’emprisonnement.

« Ce sont de petits groupes qui croient que c’est amusant d’attaquer les forces de police, de brûler des poubelles … Mais ce n’est pas amusant, c’est dangereux, à commencer par eux-mêmes », a déclaré Castaner.

Selon le ministre, plusieurs raisons expliquent les troubles, parmi lesquels « la dureté de l’enfermement de ces jeunes, puisque la majorité sont jeunes », ainsi que la « pauvreté dans laquelle ils vivent avec leur famille et qui peut provoquer leur colère ».

Toutefois, le député des Alpes-Maritimes du parti républicain de droite (LR), Eric Ciotti, qui a appelé à l’intervention de l’armée face à ces troubles, a qualifié les déclarations de Castaner de « laxistes ». Selon lui, « la tension traîne depuis longtemps dans certains quartiers, véritables zones d’impunité contrôlées par les narcotrafiquants et les islamistes! »

Castaner a répondu à Ciotti en lui rappelant qu’il devait faire face aux graves troubles de 2005 lorsque le président était Nicolas Sarkozy, appartenant à son même parti, l’UMP. Castaner a déclaré que la France n’est pas « dans ce schéma », (à partir de 2005), et a parlé de « tensions sporadiques ».

Castaner a également répondu à ceux qui ont accusé la police d’absence dans ces zones sensibles. « Lorsque des tensions surgissent dans les quartiers, lorsque des violences sont commises, nos forces de sécurité y mettent fin et je tiens à souligner leur engagement et leur professionnalisme. L’ordre républicain doit être présent partout: nous veillons sur lui quotidiennement », a déclaré le ministre dans le Réseau social Twitter.

De son côté, ce mercredi lors d’une comparution devant le Parlement, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, a tenté de baisser le profil de la situation en indiquant que si les statistiques sont comparées, les chiffres sont inférieurs à ceux de l’année dernière. .

Veaux a ajouté que, bien qu’ils méritent d’être condamnés, ces actes « ne sont pas d’une gravité exceptionnelle ».

Avec EFE