Stellantis : la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, c’est maintenant

Stellantis : la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, c’est maintenant

Ce lundi 4 janvier, les actionnaires des groupes français et italo-américain devraient donner leur feu vert à la naissance d’un nouveau géant de l’automobile. Une étape historique, selon le quotidien turinois La Stampa, qui résume les grands enjeux de ce mariage.

“Parsemé d’étoiles”. C’est la signification en latin de Stellantis, le nom donné par les groupes PSA et Fiat Chrysler au produit de leur fusion. “Voilà qui ne manque pas d’emphase, ironise La Stampa, mais c’est un message d’optimisme et d’espoir pour l’avenir.”

Du positif, c’est sans doute ce dont a besoin l’industrie automobile – meurtrie par la crise engendrée par la pandémie –, et vu la taille du nouvel ensemble franco-italo-américain, il est désormais possible de l’envisager, estime le quotidien de Turin (ville abritant le siège de Fiat) :

Celui qui va naître aujourd’hui sera le quatrième constructeur automobile mondial, avec 8,1 millions de voitures vendues, 400 000 employés et plus de 180 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Cette fusion vaut 43 milliards d’euros et devrait dégager des synergies [économies] annuelles de 5 milliards.”

Si le mariage entre Fiat Chrysler et PSA a été annoncé à la fin de 2019, l’approbation de la fusion par les actionnaires des groupes italo-américain et français (qui se réunissent de manière ‘virtuelle’ aujourd’hui) constitue l’une des toutes dernières étapes vers l’entrée officielle sur le marché de Stellantis. “Après, il ne restera plus que quelques formalités pour la cotation en Bourse à Paris, Milan et New York”, rappelle le journal italien.

Pour guider ce nouveau mastodonte, Fiat Chrysler et PSA ont choisi de faire confiance à Carlos Tavares. Pour l’actuel président du directoire de PSA, le défi s’annonce corsé, analyse La Stampa :

Le nouveau patron devra relever deux défis principaux. Le premier est lié au ‘produit’, et le deuxième au marché. Le nouveau groupe devra s’imposer comme un leader des technologies du futur : moteurs électriques et conduite autonome. Mais ce type de véhicules devra ensuite être vendu, et c’est là le deuxième défi, s’imposer sur le plus grand et le plus riche marché du monde : celui de la Chine. PSA et Fiat Chrysler ont joué, jusqu’à présent, un rôle marginal dans ce pays. Stellantis devra faire bien mieux.”

Grâce aux synergies créées par cette union, Carlos Tavares espère pourvoir atteindre ces objectifs. Ce sera “le plus grand défi de sa carrière”, affirme le média italien, qui semble croire dans les chances de réussite de ce chef d’entreprise portugais (qui a fait carrière en France) décrit, dans un autre article, comme “un manager en acier, au caractère perfectionniste et frugal”. Un véritable passionné d’automobile aussi, “qui a fait inscrire dans son contrat une clause prévoyant qu’il puisse participer à au moins 22 courses – de rallye ou avec des voitures d’époque – par an”, s’amuse La Stampa.

Quant à sa stratégie, elle a fait ses preuves, tranche le quotidien turinois, selon qui Carlos Tavares a su “sauver un groupe PSA qui était au bord de la faillite”.

”Nous avons demandé une rencontre avec Tavares”

Mais attention tout de même. Le Portugais est un cost killer qui “fait des coupes partout où il le peut”. Voilà une méthode qui pourrait ne pas plaire aux syndicats italiens, dont les déclarations sont reprises dans les colonnes de La Stampa.

“Un contexte financier solide est essentiel pour affronter les nouveaux défis du secteur automobile, et c’est cette conviction qui nous porte à approuver la naissance de Stellantis”, concède Ferdinando Uliano, représentant de la FIMCISL, un des plus importants syndicats du secteur, avant de prévenir :

Nous avons néanmoins demandé une rencontre avec Tavares, car nous souhaitons des investissements ultérieurs dans les sites de production italiens. Il est également nécessaire de faire un effort supplémentaire pour que les représentants des travailleurs soient davantage présents dans le conseil d’administration.”

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