MADRID, 6 octobre (EUROPA PRESS) –
L’ancien président français Nicolas Sarkozy a été inculpé ce vendredi de recel de subornation de témoins et de participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre le délit de fraude procédurale en relation avec des fonds présumés obtenus du régime de Mouammar Kadhafi pour sa campagne électorale de 2007.
Après 30 heures d’interrogatoire pendant près de quatre jours, le parquet estime qu’il existe des preuves pour l’inculper de ces deux crimes, même si Sarkozy a souligné qu’il était prêt à “défendre son honneur”, selon les informations du journal Le Monde. ‘.
Cette décision ouvre la voie à un nouveau procès contre lui après qu’il a été condamné en mai dernier à trois ans de prison, dont deux sans obligation, pour un délit de corruption et de trafic d’influence commis en 2014.
Aujourd’hui, Sarkozy est accusé d’avoir contribué, avec d’autres, à l’extorsion du marchand d’armes franco-libanais Ziad Takkiedine pour l’exonérer après avoir affirmé que la campagne présidentielle de 2007 avait été financée avec de l’argent libyen.
L’enquête a été ouverte après que Takkiedine ait brusquement changé de version sur le sujet en 2020. Concrètement, les enquêteurs estiment à 608 000 euros le montant qu’il aurait reçu en compensation du retrait de ses accusations.
L’enquête a été ouverte en 2013, après qu’un des fils de Kadhafi ait révélé l’alliance financière de son père avec l’ancien candidat à la présidentielle. Selon les informations des renseignements libyens publiées par ‘Mediapart’, les fonds s’élèvent à 50 millions d’euros.
Le parquet estime qu’il existe des preuves suffisantes pour prouver cette collusion et remet en question le contexte économique et politique qui pourrait se cacher derrière cette collusion. Sarkozy a cependant toujours nié toute irrégularité et, depuis l’ouverture de l’enquête, s’est même demandé s’il pouvait être jugé en faisant appel à l’immunité présidentielle.