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L'ancien président français Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour "association de malfaiteurs" le 16 octobre, a confirmé le parquet financier, au milieu du complot présumé de financement libyen illégal de la campagne qui l'a conduit à l'Elysée en 2007. Sarkozy a insisté dans son innocence et a prétendu être victime d'une "conspiration".

Nikolas Sarkozy, qui a dirigé la France entre 2007 et 2012, n'a pas réussi à se libérer des accusations qui le retiennent depuis près d'une décennie pour un prétendu financement de campagne illégal. Ce vendredi 16 octobre, il faisait l'objet d'une enquête formelle dans l'affaire de la prétendue réception d'argent libyen pour la campagne qui l'a conduit à la présidence.

Les procureurs enquêtent sur les allégations selon lesquelles l'ancien dirigeant libyen Mouammar al-Kadhafi a secrètement donné à Sarkozy 50 millions d'euros pour financer sa campagne en 2007.

Le fait d'être soumis à une «enquête formelle» en France indique que les magistrats ont trouvé des preuves suffisantes d'irrégularités pour que le processus puisse éventuellement avancer jusqu'à aboutir à un procès, il est donc prévu que l'ex-dirigeant devra siéger à nouveau dans le banc et dégagez le cas.

Image d'archive. Le président français Nicolas Sarkozy serre la main du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à son arrivée pour une visite officielle en Libye le 25 juillet 2007 à Tripoli.
Image d'archive. Le président français Nicolas Sarkozy serre la main du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à son arrivée pour une visite officielle en Libye le 25 juillet 2007 à Tripoli. Patrick Kovarik / AFP

Mais ce n'est pas la première fois que Sarkozy est accusé d'avoir prétendument reçu des ressources d'Al Kadhafi à des fins électorales. Le prononcé ce vendredi du parquet financier devient la quatrième accusation dans cette affaire, après les accusations portées en 2018 pour «corruption passive», «bénéfice de fonds publics détournés» et «financement de campagne illégal».

Les enquêtes des autorités françaises ont commencé après les allégations de l'un des fils du défunt dictateur, Saif al-Islam, en 2011. Ensuite, l'affaire a fait l'objet d'un examen approfondi en novembre 2016 lorsque l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine a affirmé qu'il avait livré trois valises pleines d'argent liquide libyen à l'ancien chef de cabinet et directeur de campagne de Sarkozy, Claude Guéant, entre 2006 et 2007.

Le nouvel avis a été émis par les autorités françaises après cette semaine, l'ancien chef de l'Etat a témoigné pendant quatre jours devant le tribunal d'instruction chargé d'enquêter sur l'affaire. En apprenant la récente décision, Sarkozy a une fois de plus défendu son innocence à travers une déclaration qu'il a diffusée sur ses réseaux sociaux, assurant qu'il s'agit "d'une nouvelle étape dans la longue liste d'injustices" qui, selon lui, se produisent contre lui.

"Après quatre jours d'interrogatoires, au cours desquels j'ai répondu à toutes les questions qu'ils m'ont posées … Mon innocence a de nouveau été ignorée par une décision qui n'apporte aucune preuve de financement illicite", a déclaré Sarkozy.

Mais les Français se souviennent que l'ancien président avait au moins une relation controversée avec Al Kadhafi. Peu de temps après avoir été choisi pour occuper l'Elysée, il a invité le dirigeant libyen à Paris pour une visite d'Etat et l'a reçu avec les honneurs. Cependant, quelque temps plus tard et sous Sarkozy, la France a mené des frappes aériennes de l'OTAN contre les troupes d'al-Kadhafi qui ont aidé les combattants rebelles à renverser son régime en 2011.

Les autres enquêtes contre Sarkozy

L'enquête sur un financement libyen présumé n'est qu'une des nombreuses enquêtes judiciaires qui ont harcelé l'ancien chef de l'Etat depuis qu'il a quitté le pouvoir. En 2018, Sarkozy a perdu un appel contre la décision de l'envoyer en justice pour des accusations de financement de campagne illégale dans le prétendu «cas Bygmalion».

FILE - L'ancien président français Nikolas Sarkozy lors d'une réunion à Paris, France, le 27 septembre 2016.
FILE – L'ancien président français Nikolas Sarkozy lors d'une réunion à Paris, France, le 27 septembre 2016. © AFP / Bureau Martin

Ce scandale porte sur la prétendue manœuvre visant à masquer les dépenses réelles de sa campagne présidentielle ratée avec laquelle il a tenté d'être réélu en 2012. Selon l'acte d'accusation, son parti politique Unión por un Movimiento Popular (UMP), désormais dénommé Les Républicains, aurait conspiré avec la société de relations publiques Bygmalion pour ne pas avoir divulgué le montant réel employé.

La société alliée aurait facturé le parti politique de Sarkozy au lieu de la campagne afin que son mouvement politique puisse dépenser presque le double du montant autorisé. Pour y parvenir, le parti aurait demandé à l'agence de communication d'émettre de fausses factures et donc de couvrir des dépenses excessives.

Sarkozy, qui se prétend victime d'une "conspiration", est le deuxième ancien président français à être jugé après Jacques Chirac, décédé en 2019, et condamné en 2011 à deux ans de prison pour détournement illégal de fonds. Cependant, en raison de son âge, 79 ans à l'époque, et parce qu'il était malade, il n'est pas entré en prison.

Avec Reuters, AFP et EFE