Il n’y a rien d’étonnant à ce que, dans la patrie de Paul Bocuse, la décision d’un maire d’imposer des repas sans viande suscite un vif débat public. Ce n’est pas sans raison que la cuisine française est mondialement réputée pour des plats comme le bœuf bourguignon* ou le coq au vin*.

Les justifications invoquées par l’écologiste [Grégory Doucet] qui dirige la mairie de Lyon ne paraissent pas vraiment tenir debout. Il n’y a pas besoin d’un menu unique pour garantir que les règles de distanciation soient respectées quand on sert à manger pendant la pandémie. Cette décision donne donc plutôt l’impression qu’un politicien local aux convictions écologistes cherche à profiter du moment pour imposer une alimentation plus favorable au climat dans les écoles publiques.

Le tort des idéologues de l’écologie

Cette stratégie n’a rien d’habile. En Allemagne aussi, les menus des cantines scolaires sont devenus le champ de bataille de nouveaux conflits idéologiques qui peuvent se révéler extrêmement clivants. Outre la lutte contre le changement climatique, il est souvent question de considération vis-à-vis des élèves musulmans, avec la viande de porc en guise de mot-clé. Or, tout comme d’autres institutions publiques, les écoles ne sont pas des endroits appropriés pour imposer des positions minoritaires dans la société.

Jamais, dans aucun pays d’Europe, la majorité n’adoptera un régime végétarien ou végane. Ce n’est peut-être pas idéal en matière de politique climatique, mais la démocratie doit être respectée. Avec leurs décisions à l’emporte-pièce, les idéologues de l’écologie ne font que pousser les électeurs vers la droite extrême.

* En français dans le texte.

Nikolas Busse