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Les fédérations américaines d'athlétisme et de natation dénoncent le manque d'entraînement et le risque de contagion par le coronavirus. Le Comité olympique espagnol a également critiqué le maintien de la date d'origine des Jeux Olympiques.

Le Comité International Olympique (CIO) a tenu une réunion cette semaine où il a non seulement conservé les dates prévues pour les Jeux olympiques de Tokyo (du 24 juillet au 9 août), mais n'a même pas considéré qu'une annulation était sur la table.

En effet, dans sa communication du 17 mars, le CIO "encourage tous les athlètes à continuer de se préparer". La vénézuélienne Robeilys Peinado, médaillée de bronze au saut à la perche en 2017, a répondu à cela: "Quelqu'un me dira comment vous pouvez entraîner Pole Vault à la maison."

C'est le même cri de la Grecque Katerina Stefanidi, championne olympique en titre de saut à la perche, qui a accusé le CIO de mettre la santé des athlètes en danger.

Ce n'était que quelques voix, mais maintenant ils ont trouvé un énorme écho. Les fédérations américaines d'athlétisme et de natation ont demandé vendredi 20 mars de reporter l'événement dans la capitale japonaise. De l'USATF, l'American Athletics Federation, assure que dans les conditions actuelles "il ne semble pas probable" que leurs athlètes puissent "s'entraîner correctement".

Pour sa part, de USA Swimming, son directeur Tim Hinchey a déclaré que "la chose correcte et responsable à faire est de prioriser la santé et la sécurité de tous".

Ces deux fédérations ont ajouté un total de 65 médailles aux Jeux olympiques de Rio 2016, dont 19 d'or.

"Que Tokyo 2020 ne soit pas les Jeux de la Mort"

Dans l'esprit des athlètes, les Jeux Olympiques suscitent de nombreux doutes. Ce n'est pas seulement leur capacité de formation ou les risques de contagion mais aussi le système de classement qui est utilisé même quand 43% des places restent à déterminer.

"Si ces jeux sont reportés et ont lieu cette année en novembre ou décembre, ce sera certainement beaucoup mieux pour les athlètes." C'est ce qu'assure le Polonais Piotr Małachowski, médaillé d'argent olympique à Rio 2016 en lancer de disque.

Le polonais Piotr Małachowski s'entraîne dans un parking pour le test du lancer du disque de Tokyo 2020. Varsovie, Pologne, 20 mars 2020.
Le polonais Piotr Małachowski s'entraîne dans un parking pour le test du lancer du disque de Tokyo 2020. Varsovie, Pologne, 20 mars 2020. © Aleksandra Szmigiel

Pour lui, "il s'agit de montrer aux fans le meilleur côté de nous" et "de ne pas les laisser devenir les Death Games".

Au total, cette plainte a été rejointe par le Comité olympique du Brésil, de la Norvège et de l'Espagne, les fédérations d'athlétisme d'Espagne et du Royaume-Uni et la fédération de natation de France.

Shinzo Abe et son insistance sur Tokyo 2020

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a reconnu qu'il voulait que les Jeux olympiques de Tokyo soient la victoire du monde contre le coronavirus. De plus, son pays a investi 12 milliards de dollars dans ces joutes.

Les Jeux olympiques seraient un baume pour un président qui a été critiqué pour sa gestion du coronavirus et qui a également été impliqué dans des scandales de corruption.

"Il a beaucoup investi dans l'idée de montrer le Japon sous le meilleur jour possible", explique David Leheny, professeur de science politique à l'Université Waseda de Tokyo.

Pour Leheny, l'événement olympique menace le trône d'Abe, le premier ministre le plus ancien. "Vous devriez vous inquiéter de ne pas être à la tête des jeux s'ils sont reportés d'un an."

Avec AFP