Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’est rendu sur l’île de Mayotte, entre l’Afrique et Madagascar, d’où il a annoncé la fin de l’octroi de la nationalité française sous condition de naissance sur le territoire français et le durcissement de la enfants de citoyens français pour tenter de faire face à la crise migratoire et sécuritaire qui touche l’archipel français d’outre-mer.

Depuis trois semaines, des barrages routiers sont installés par des « groupes citoyens » pour protester contre l’insécurité et l’immigration.

A peine descendu de l’avion pour « rétablir la paix », Darmanin a annoncé la première mesure « radicale », la fin de l’octroi de la nationalité de naissance « dans une réforme constitutionnelle choisie par le président de la République ». « Vous ne serez plus Français si vous n’êtes pas fils de parents français. Nous allons réduire l’attractivité de l’archipel », a-t-il expliqué.

Darmanin est accompagné de la nouvelle ministre des Outre-mer, Marie Guévenoux, qui a annoncé une « loi d’urgence pour Mayotte » qui sera présentée au traitement législatif « avant le Conseil des ministres d’été ».

« Nous venons d’abord écouter les groupes, les citoyens, les maires », a expliqué Darmanin, qui a annoncé que « le camp de Cavani sera complètement évacué », un espace où se trouvent des centaines de demandeurs d’asile africains.

Les étrangers bénéficiant de l’asile « pourront voyager en France » et ceux qui ne l’auront pas obtenu « devront être assignés à résidence ou en centre de rétention administrative pour être expulsés immédiatement vers la région des Grands Lacs africains ou vers Madagascar ».

« RIDEAU DE FER »

Darmanin a également annoncé l’installation d’un « rideau de fer » maritime avec la collaboration des Forces armées et à la demande du président Emmanuel Macron pour empêcher le passage de navires comme le Kwassas des Comores vers Mayotte.

Il y aura « beaucoup plus de médias » et « de nouveaux radars ». « Dans les prochains jours, vous verrez un changement radical », a promis le ministre, qui a également évoqué le débat sur l’autonomie politique de l’île.

Darmanin s’est montré « contre l’autonomie » de Mayotte. « Mayotte est un département français. Nous ne pouvons pas accepter les caprices de ceux qui disent avoir besoin d’une communauté particulière », a-t-il souligné.

La législation sur la nationalité de Mayotte avait déjà été modifiée en 2018 : il fallait que l’un des deux parents d’un nouveau-né soit français et ait résidé régulièrement en France pendant au moins trois pesetas pour lui transmettre la nationalité.

A lire également