La réouverture des magasins, usines et autres commerces non essentiels après huit semaines a marqué le début de la sortie progressive de la quarantaine. Loin d'être un lundi normal, des millions de personnes sont revenues pour circuler, bien qu'avec des précautions. Les autorités ont souligné le comportement de la population, au-delà de certaines lignes dans les magasins et des foules de personnes dans les transports aux heures de pointe.

Ce n'est pas un retour à la normalité, mais c'est un pas dans cette direction. Les rues françaises ont abandonné l'immobilité de l'isolement le 11 mai et ont retrouvé un certain mouvement le premier jour du plan de relance progressive. La sensation parmi ceux qui ont pu sortir pour la première fois en huit semaines a mélangé le soulagement avec prudence, alors que les conséquences d'une relaxation trop brusque étaient préoccupantes.

Les magasins, usines et autres commerces non essentiels ont pu rouvrir leurs portes. Les gens n'avaient plus besoin de soumettre un formulaire pour circuler, bien qu'ils ne puissent le faire que dans un rayon de 100 kilomètres. Les transports en commun, aux horaires limités, ont récupéré un certain afflux de passagers, qui doivent porter des masques faciaux et, aux heures de pointe, doivent présenter un certificat de leur employeur justifiant ce transfert.

Les écoles ont rouvert leurs portes aux enseignants et aux responsables, qui préparent les conditions du retour des élèves à partir de jeudi, en groupes restreints et sur une base volontaire.

Avec ce scénario, il n'est pas surprenant que les rues ne semblent pas normales un lundi donné. Tous les magasins n'ont pas rouvert, certains par peur et d'autres parce qu'ils s'adaptent toujours aux conditions de sécurité sanitaire requises.

Reportage de Paris: le premier jour de la nouvelle normalité de la capitale française

Il s'agit d'une première étape dans la relance de l'économie qui révèle le gouvernement d'Emmanuel Macron, préoccupé par les conséquences de la paralysie provoquée par Covid-19 et ses répercussions sur le marché du travail et sur la survie des entreprises et des entreprises. Mais les autorités équilibrent également les problèmes de santé et ont laissé ouverte la possibilité de reprendre les restrictions en cas de nouvelles flambées.

Les commerçants ont un long chemin vers la reprise

L'avenue des Champs-Elysées, centre névralgique de Paris et habitué aux grands flux touristiques, a connu un renouveau partiel. Environ la moitié des magasins ont choisi d'ouvrir les portes et la circulation des clients n'était pas très importante.

"C'est un peu un acte de foi aujourd'hui", a déclaré à l'agence AP Edouard Lefebvre, qui dirige le quartier des affaires des Champs-Elysées. "Les clients ne reviennent pas le premier jour. Il faudra du temps pour qu'ils s'habituent à revenir", a déclaré Lefebvre.

Alors que les restaurants et bars, cœur de la vie quotidienne française, attendent toujours leur réouverture, certains magasins de vêtements et centres de beauté figurent parmi les boutiques les plus demandées, toujours loin de leurs tarifs habituels.

Un coiffeur avec un masque et un écran facial s'occupe d'un client dans un salon de coiffure à Paris le premier jour de la libération progressive de l'accouchement en France le 11 mai 2020.
Un coiffeur avec un masque et un écran facial s'occupe d'un client dans un salon de coiffure à Paris le premier jour de la libération progressive de l'accouchement en France le 11 mai 2020. © Benoit Tessier / Reuters

D'autres éléments savent que leur rétablissement dépendra de la rapidité avec laquelle les gens retourneront dans la rue, réactiveront leur capacité de consommation et s'adapteront aux règles de distanciation sociale qui nécessitent, par exemple, d'attendre à la porte pour entrer dans les magasins. .

"Il y aura un retour, mais lentement", a prédit Iswar Boodhoo, propriétaire d'un fleuriste dans un coin stratégique du quartier Montparnasse. "Les gens ne travaillent pas. Ils ont beaucoup de problèmes et les fleurs sont un luxe", a-t-il expliqué à l'agence AP.

Et le Covid-19 a été la dernière et la plus forte poussée pour une "catastrophe" économique de 18 mois pour Paris, comme le décrit Lefebvre, étant donné les protestations du mouvement des "gilets jaunes" et la grève prolongée qui a suivi transports en refusant la réforme des retraites.

"Malgré tout, nous ouvrons plein d'espoir, même s'il faut beaucoup de temps pour le reconquérir. Il est important pour une ville comme Paris de revivre", a expliqué Lefebvre.

Le trafic automobile reprend et les transports en commun sont conformes à la nouvelle réglementation

Dans les transports publics, la capacité a été divisée par 5 ou 6, de sorte que les autorités calculent que seulement 15% à 20% des 10 millions de personnes qui voyageaient quotidiennement avant l'urgence sanitaire pourront l'utiliser.

De plus, l'utilisation de masques est obligatoire – le gouvernement les distribue dans les revenus des stations – et dans les stations de métro des marques ont été placées au sol pour indiquer la distance idéale entre les personnes. Pour voyager aux heures de pointe, il est nécessaire de présenter une justification écrite de l'employeur.

"Les slogans ont été respectés à l'échelle mondiale, notamment en ce qui concerne les masques et les horaires obligatoires. L'esprit de responsabilité a prévalu. C'est une reprise très progressive", a déclaré le conseiller parisien aux Transports, Christophe Najdovski, dans des déclarations à 'BFM TV'.

Les restrictions à la mobilité ne se sont pas nécessairement traduites par des embouteillages dans les rues. Selon les données officielles, par rapport aux 350 kilomètres d'embouteillages qui se sont produits un jour normal avant Covid-19, les pointes de lundi étaient de 50 kilomètres.

En ce sens, Najdovski a souligné l'importance de "rester à la maison et travailler à partir de là". "Rester à la maison sera la règle et aller travailler, l'exception", a-t-il souligné.

Rangées de magasins de vêtements, foules aux heures de pointe, manifestations: les «points» du premier jour de manque de confiance

Au-delà de la satisfaction générale des autorités à l'égard du comportement des citoyens le premier jour de relâchement de l'isolement, il y avait des situations spécifiques qui signifiaient une alerte contre l'urgence sanitaire.

Bien que le flux de clients dans les magasins ne soit pas très important, il y avait de longues files d'attente pour entrer dans certains magasins de vêtements, non seulement à Paris, mais aussi dans d'autres villes, comme Bordeaux.

Des groupes de personnes se rassemblent à l'entrée du magasin de vêtements Zara à Paris, lors de la première journée de défiance en France, le 11 mai 2020.
Des groupes de personnes se rassemblent à l'entrée du magasin de vêtements Zara à Paris, lors de la première journée de défiance en France, le 11 mai 2020. © Benoit Tessier / Reuters

Des rencontres de groupes de personnes, notamment de jeunes, ont également eu lieu au bord du canal Saint-Martin, dans le dixième arrondissement de Paris, lieu habituel de la vie sociale dans la capitale française.

Les images diffusées par les réseaux sociaux et les médias montrent plusieurs personnes sans masque et sans respect de la distance sociale, gênant les habitants de la région. La situation a provoqué l'intervention de la police, qui a dispersé les citoyens.

De même, des reportages dans les rues font état de foules de personnes aux heures de pointe des transports publics, notamment le métro parisien, circonstances dans lesquelles le respect de la distance sociale devient pratiquement impossible.

En revanche, l'assouplissement de la circulation a entraîné la réactivation de petites manifestations dans différentes parties du pays. Les "gilets jaunes" ont été à l'avant-garde des poursuites contre le gouvernement Emmanuel Macron sur la place de la République à Paris et dans d'autres régions du pays.

A Toulouse, des représentants de la Confédération générale du travail (CGT) et d'autres syndicats se sont mobilisés devant le CHU pour demander plus de moyens aux personnels de santé et exiger la construction d'un nouveau sanatorium.

Et à Marseille, des membres du groupe environnemental Extinction Rebellion ont défilé sur la promenade de la Canebière pour protester contre le retour de la "consommation excessive".

Bien qu'une des situations les plus curieuses se soit produite à Cannes. Dans la ville de la Côte d'Azur (qui aurait vu mardi le début du Festival International du Film, reporté par le coronavirus), la police a averti une dizaine de surfeurs qui tentaient de se mettre à la mer, alors que l'accès aux plages est toujours interdit dans une grande partie de la côte méditerranéenne.

Comment se passe le plan de désescalade? Évaluation par zones et nécessité d'un plan d'urgence pour une éventuelle repousse

Pour faire face à la sortie progressive du confinement, l'une des plus strictes d'Europe, le gouvernement français a préparé une carte en couleur, dans laquelle les espaces verts sont plus favorables et les zones rouges ont une image plus compliquée. Les départements sont classés selon trois critères: les nouveaux cas sur une période de sept jours, le niveau de saturation des hôpitaux et la capacité de détecter les symptômes, de retrouver les contacts et d'effectuer des tests.

Sur la base de ces caractéristiques et parallèlement à l'évolution de l'épidémie sur chaque territoire, le gouvernement français évaluera l'impact du plan de désescalade toutes les trois semaines et décidera de la suite à donner.

L'objectif est de trouver un équilibre entre les besoins de santé et la situation de l'économie – la deuxième de la zone euro – qui devrait se contracter de 8% cette année.

S'adressant à «BFM Business», le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a assuré que «nous sommes prêts» à aider avec des plans spécifiques pour les industries du tourisme, de l'aéronautique et de l'automobile, bien qu'il ait indiqué qu'ils pourraient exiger une augmentation de la production en échange dans le pays.

Pendant ce temps, face aux inquiétudes croissantes dans le monde concernant une éventuelle deuxième vague de contagions, le principal conseiller du gouvernement français en réponse au Covid-19, Jean Castex, a exhorté l'exécutif d'Emmanuel Macron à préparer un plan d'urgence. de retourner en détention.

Dans un rapport de 68 pages publié ce lundi, le responsable – nommé par le Premier ministre Édouard Philippe comme coordinateur de la stratégie nationale française de levée du blocus – a alerté le gouvernement que les restrictions pourraient être rétablies en cas de poussée, compte tenu que «en l'absence à court terme d'un vaccin ou d'une solution curative, la population française reste vulnérable à la résurgence de l'épidémie».

Dans le document, Castex a averti que les effets d'une éventuelle deuxième vague "seraient particulièrement préjudiciables à une société qui a déjà souffert et, en particulier, au personnel de santé".

Le premier jour de fausse couche s'est accompagné d'un pic dans le nombre quotidien de cas et de décès par Covid-19. Au cours des dernières 24 heures, les autorités sanitaires françaises ont enregistré 263 nouveaux décès, contre 70 signalés dimanche, tandis que les cas sont passés à 456, contre 209 la veille. Il convient de noter que les chiffres ont généralement augmenté après les week-ends.

Du côté positif, le nombre de personnes en soins intensifs est passé de 2 776 à 2 712, maintenant la tendance à la baisse soutenue, tandis que les hospitalisations ont diminué de 1,2% pour s'établir à 22 284 patients.

Au total, depuis le début de la pandémie, la France a enregistré 139 519 cas et 26 643 décès, ce qui en fait le cinquième pays au monde avec le plus de décès derrière les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Italie et l'Espagne.

Avec Reuters, AP, EFE et les médias locaux