Alors que les températures remontent dans l’Hexagone, un air d’hiver nous arrive d’Amérique grâce à ces somptueuses images en très haute définition de flocons de neige. Prises par Nathan Myhrvold, elles sont le fruit d’années d’expérience en tant que scientifique et photographe, de mois de travail pour concevoir et fabriquer un appareil photo adéquat et de centaines de clichés compilés par ordinateur.

En décembre 2020, l’auteur des images confiait au magazine Forbes la genèse de sa quête :

Quand j’étais enfant, j’ai vu des photographies de flocons de neige. De magnifiques cristaux aux multiples facettes qui ressemblaient à des diamants mais en plus fragile. En grandissant, j’ai appris pourquoi ils avaient cette apparence. Et je suis également devenu photographe […].”

“Titulaire d’un doctorat en mathématiques fondamentales et physique délivré par l’université de Princeton [aux États-Unis], Myhrvold a été directeur de la technologie chez Microsoft pendant quatorze ans”, rapporte le Smithsonian Magazine. Un profil scientifique qui lui a permis de créer l’appareil très spécial grâce auquel il a pu réaliser les images.

Un appareil “frankensteinesque”

Un flocon de neige est particulièrement difficile à photographier : “Fragile [et] mesurant à peine quelques millimètres de diamètre, [il] peut fondre en quelques secondes”, explique le site britannique ArtNet News.

Pour obtenir ces images, Nathan Myhrvold a donc dû concevoir un outil spécifique, mi-microscope, mi-appareil photo, incluant tout un système pour préserver les flocons de la fonte. Un appareil que le Smithsonian Magazine qualifie de “frankensteinesque”, et qui a demandé dix-huit mois de travail à son créateur.

Mais la partie n’était pas gagnée une fois la machine construite. Pour obtenir des images finales en si haute définition, il a fallu prendre de nombreuses photos de chaque flocon, explique le photographe au magazine culturel : “Chaque image est le résultat d’une centaine de clichés combinés par un logiciel”, car seul “un grand nombre de photos compilées permet d’avoir une profondeur de champ suffisante pour voir très nettement un flocon de neige en entier”.

Révéler l’invisible

Quant à connaître les raisons d’un tel investissement dans sa quête d’images, la réponse de Nathan Myhrvold se cache peut-être dans la légende accompagnant l’une de ses photos publiées sur le site de la Modernist Cuisine Gallery, la galerie qui le représente, et reprise par ArtNet News :

Les flocons de neige sont de parfaits exemples de beauté cachée. L’eau, dont nous sommes tous très familiers, devient particulièrement mystérieuse lorsqu’on la regarde sous cet angle spécifique. Les flocons tirent cette beauté complexe de leur structure cristalline, qui reflète la structure microscopique de la molécule d’eau.”

Un désir de révéler l’invisible qui parlera aux artistes comme aux scientifiques.