Economie

Bolivie : gestion économique peu orthodoxe dans le pays le moins inflationniste d’Amérique du Sud

Au premier semestre 2022, l’inflation a durement touché la plupart des pays de la région. Cependant, en Bolivie, les prix sont restés pratiquement stables. Le ministre de l’Economie et des Finances de ce pays, Marcelo Montenegro, a expliqué sa stratégie à France 24.

Si le gouvernement bolivien de Luis Arce est fier de quelque chose, c’est de sa politique économique. Ce pays a le taux d’inflation le plus bas d’une Amérique latine frappée par les effets de la guerre en Ukraine qui a alimenté une crise déjà entrainée par la pandémie de Covid-19.

La guerre a provoqué des hausses inhabituelles des prix du panier familial, qui ont contraint les banques centrales à durcir leurs politiques, par exemple en augmentant les taux d’intérêt.

Le cas de la Bolivie est particulier. Alors qu’en Argentine l’indice des prix à la consommation cumule une hausse de 36,2% entre janvier et juin 2022, son voisin sans accès à la mer fait état d’une hausse à peine perceptible de 1,2%.


L'inflation en Amérique latine
L’inflation en Amérique latine ©France 24

Les autorités boliviennes attribuent le résultat à sa politique économique peu orthodoxe, qui comprend la substitution des importations et de généreuses subventions à l’agriculture, à l’industrie et au carburant, selon le ministre de l’Économie et des Finances, Marcelo Montenegro.

« La formule que nous appliquons est simplement de favoriser la production dans le domaine agricole et un régime de subventions dans le domaine productif », a-t-il déclaré à France 24.



Face aux doutes que certains analystes ont soulevés par rapport à la baisse des réserves internationales provoquée par ce régime de subventions, le responsable du portefeuille a déclaré que « notre niveau de réserves a, dans la métrique internationale, depuis plus de quatre ou cinq mois d’importation » .



Quelques jours auparavant, le président Luis Arce avait souligné que, face à la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, « la réponse des pays a été l’orthodoxie » pour réduire l’inflation et dont le « coût » est précisément la « récession ».