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Accusé par la droite d'être trop laxiste sur les questions de sécurité, Emmanuel Macron entend faire de la lutte contre les violences une priorité.

Crime, harcèlement de rue, drogue … L'exécutif français se concentre sur la sécurité. Après avoir promu mardi l'égalité des chances – un thème visant à prendre soin de son aile gauche – Emmanuel Macron attend des actions du gouvernement contre l'insécurité, le principal critique de la droite.

Deuxième problème le plus inquiétant pour les Français après Covid-19. Suite à une série d'attaques désagréables, le chef de l'Etat et son Premier ministre souhaiteraient voir les efforts intensifiés, notamment avec une accélération de la réponse judiciaire pour éviter des retards qui engendreraient un sentiment d'impunité.

"On comprend que nos concitoyens s'inquiètent de la montée des violences", a reconnu mardi Jean Castex, lorsque Marine Le Pen – qui parie sur cette question – a promis de lutter contre "la barbarie qui s'installe".

Crime et harcèlement de rue

Première mesure: Gérald Darmanin et Malène Schiappa communiqueront en début de mois, à partir d'octobre, un bilan des activités des forces de l'ordre. Cet équilibre devrait couvrir six thèmes: la lutte contre les stupéfiants; les chiffres de la violence conjugale, intrafamiliale et sexuelle; les heures de patrouilles sur la voie publique des agents et de la police, ainsi que les heures des patrouilles dans les transports publics; le nombre de dérives sectaires identifiées et les chiffres de l'immigration et de l'asile.

L'exécutif prévoit également de poursuivre le travail sur le harcèlement de rue. Marlène Schiappa, promotrice de la loi contre le harcèlement de rue adoptée en juillet 2018, indique que «les forces de l'ordre ont prononcé 1 723 amendes depuis le début de l'année 2019». En revanche, le ministre a souligné avoir réuni les préfets la semaine dernière pour leur demander de "doubler le nombre de processus verbaux".

Médicaments et protoxyde d'azote

La lutte contre le trafic de drogue est la «première priorité» du ministre de l'Intérieur, qui veut faire de lui «l'alpha et l'oméga» de sa politique. En combattant les réseaux de trafiquants de drogue, Gérald Darmanin cherche à freiner le crime organisé, la traite des êtres humains et le financement du terrorisme. «(C'est) aussi une grande mesure de santé publique», estime-t-il.

Depuis le 1er septembre, l'amende financière de 200 euros est généralisée en France à tous les utilisateurs de substances psychoactives, notamment de cannabis. "Deux cents processus verbaux (ont été effectués depuis le premier jour)", a-t-il dit.

En revanche, le ministre de l'Intérieur a demandé à ses services de proposer "d'interdire purement et simplement l'utilisation des cartouches et capsules d'oxyde nitreux". Vendu sous forme de cartouches dans les supermarchés pour quelques euros, le protoxyde d'azote – destiné uniquement aux distributeurs de crème fouettée – est de plus en plus mal orienté, notamment par les mineurs qui le versent dans des ballons en caoutchouc et l'inhalent pour leur effets euphoriques.

En décembre 2019, le Sénat a adopté à l'unanimité lors du premier débat un projet de loi multipartite visant à interdire sa vente aux mineurs, mais il n'a pas été examiné par l'Assemblée nationale depuis lors. Selon les autorités sanitaires, une utilisation régulière ou à forte dose peut provoquer «des lésions de la moelle épinière, une carence en vitamine B12, de l'anémie et des troubles mentaux».

"Séparatisme"

De même, le chef de l'Etat veut faire du séparatisme une priorité, notamment islamiste. Le projet, lancé par Emmanuel Macron en février contre le communautarisme religieux, doit être présenté au Conseil des ministres à l'automne. «Nous sommes en train de le finaliser», déclare Marlène Schiappa.

Parmi les mesures déjà annoncées figure la création d'un «contrat d'engagement pour la laïcité», que les associations doivent signer sous peine de ne plus recevoir de subventions en cas de non-respect de ces réglementations, notamment en matière d'égalité entre hommes et femmes .

Gérald Darmanin envisage également de «proposer la criminalisation» des certificats de virginité délivrés par certains médecins avant un mariage religieux, une pratique déjà condamnée par le Conseil de l'ordre des médecins.

Lutte contre Covid-19

Au-delà des thèmes «traditionnels», le séminaire des autorités françaises aborde les priorités des mois à venir, parmi lesquelles le plan de réactivation et les mesures contre l'épidémie. Un conseil de défense spécial Covid-19 qui se tiendra vendredi pourrait donner le feu vert pour des tests plus simples et plus rapides et une réduction du temps de quarantaine.

Cette cadence de l'agenda sera cruciale pour l'action politique du chef de l'Etat, accusé par la gauche de tourner à droite. Contre cela, Emmanuel Macron a largement défendu mardi ses actions en faveur de l'accès à la formation et à l'emploi des jeunes issus de milieux défavorisés. "Les problèmes de sécurité doivent être traités avec réalisme, force et détermination, mais en même temps la cause fondamentale doit être abordée, la question de l'éducation, de la formation et des opportunités (pour chaque citoyen)", a-t-il déclaré.

«C'est un thème central de mon engagement», a-t-il ajouté, rappelant le doublement des classes de première et de deuxième année pour 300 000 enfants, ce qui «changera leur vie». Il évoque également l'obligation scolaire dès l'âge de 3 ans et les petits déjeuners gratuits dans les quartiers défavorisés.

Le Premier ministre étant isolé en raison du risque de contagion du Covid-19, le séminaire gouvernemental après la fin des vacances se déroule par visioconférence. Cette précaution sanitaire a été prise par la décision de Jean Castex de rester isolé au cours de la semaine, après avoir été testé négatif à un test Covid-19, qui doit être répété dans quelques jours.

Avec l'AFP

Cet article a été adapté de son original en français