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Macron qualifie de « honte » les accusations de « négligence » du Mali face au terrorisme

Le président français, Emmanuel Macron, a qualifié de « honte » les accusations du Premier ministre de transition du Mali, Choguel Maiga, à propos d’un « abandon » de Paris à la lutte contre le terrorisme dans le pays africain.

S’adressant à Radio France Internationale (RFI), le président français a manifesté son désaccord avec ces déclarations, qu’il juge « inacceptables », et a rappelé à Maiga que son gouvernement est issu de deux coups d’Etat.

« Je rappelle que le Premier ministre du Mali est le fils de deux coups d’Etat (…) Donc, la légitimité du gouvernement actuel est démocratiquement nulle », a déclaré Macron.

Le président français a rappelé la mort d’un soldat français vendredi dernier sur le territoire malien, alors les propos de Maïga, dans ce contexte, sont « inacceptables » et « déshonorent ce qui n’est même pas un gouvernement ».

Paris a annoncé en juillet dernier une réorganisation de la présence militaire dans la région du Sahel qui commencera par la fermeture des bases du nord du Mali fin 2021, alors que le pays maintiendra « entre 2.500 et 3.000 hommes » sur les 5.100 qui sont déployés aujourd’hui.

Face à cela, le Premier ministre malien a regretté lors de son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies que « les groupes terroristes armés qui ont envahi près des deux tiers du territoire en 2012 se soient dispersés sans être éliminés ».

Dans ce contexte, Macron a affirmé être conscient que ce discours de Maïga « n’est pas ce que pensent les Maliens », puisqu’ils « sont les premières victimes du terrorisme djihadiste », mais ils pensent aussi aux familles des soldats étrangers déployés dans le pays « qui a perdu un fils à des milliers de kilomètres d’eux pour aider à sauver le Mali ».

« C’est inacceptable qu’il y ait autant de mépris de la part des dirigeants maliens actuels envers nos soldats et les vies qui ont été laissées derrière », le président français a enlaidi les autorités maliennes, dont il a assuré qu’il n’attend « rien ».  » face à l’avenir.

Cependant, il a exprimé son espoir que le processus électoral dans ce pays africain se déroule avec des garanties, que « la vie démocratique » de la nation soit respectée et que « les dirigeants politiques cessent d’être emprisonnés ».

PLUS D’AVIS DE FRANCE

Tout au long de cette semaine, le gouvernement français a rejeté les accusations de Maïga, tout en soulignant que la « transformation » de l’opération « Barkhane » n’impliquait pas « une sortie du Mali ».

« La transformation de notre dispositif militaire au Sahel ne constitue pas une sortie du Mali ou une décision unilatérale. Il est faux d’affirmer le contraire », a déclaré mardi le ministère français des Affaires étrangères, ce qui a influencé que la décision a été adoptée après « des consultations ». « avec les autorités des pays du Sahel.

Ainsi, il a rappelé que la décision avait été annoncée par Macron à l’issue du sommet tenu en février 2021 dans la capitale du Tchad, N’Djamena, et a fait remarquer que la ministre de la Défense, Florence Parly, « a précisé les contours de l’adaptation et coordonné sa mise en œuvre. . en déplacement » lors de sa visite au Mali en septembre.

En revanche, depuis la France, il a été réitéré qu’un accord entre le Mali et le groupe Wagner – détenu par un homme d’affaires proche du président russe Vladimir Poutine – pour l’envoi de mercenaires dans le pays africain « serait incompatible avec le efforts déployés par les partenaires sahéliens et internationaux « pour réaliser » la sécurité et le développement de la région. »

La critique des déclarations de Maiga a été rejointe par Parly, qui a déclaré qu’« il y a beaucoup d’hypocrisie, de mauvaise foi et d’indécence » dans ces mots, « surtout parce qu’un jour avant un 52e militaire français avait donné sa vie pour lutter contre le terrorisme. au Sahel ».