La France

Macron menace de retirer les soldats français du Mali si le pays penche vers l’islamisme radical

Il envisage un plan Marshall pour l’Afrique et justifie sa stratégie au Tchad pour éviter «une autre Libye»

MADRID, 30 mai. (EUROPA PRESS) –

Le président de la France, Emmanuel Macron, a expliqué ce dimanche les lignes générales de sa politique internationale actuelle à l’égard de l’Afrique, à commencer par l’avertissement aux autorités militaires maliennes qu’il retirera ses militaires du pays s’il perçoit qu’il penche vers l’islamisme radical après le qui a été le deuxième coup d’État en neuf mois.

Le président par intérim du Mali, Bah N’Daw, a démissionné cette semaine en détention militaire après que son adjoint, Assimi Goita, ait revendiqué le pouvoir dans ce que Macron a décrit comme « un coup d’État dans un coup d’État ».

« J’ai dit au président N’Daw à l’époque, homme très rigoureux lorsqu’il s’agit de séparer le djihadisme du gouvernement, que nous n’autoriserions en aucun cas l’islamisme radical au Mali aux côtés de nos soldats. Pas question! », A expliqué Macron dans une longue interview. au Journal du Dimanche.

« Aujourd’hui, je vois cette tentation présente au Mali. Et si elle continue dans cette direction, je retirerai mes militaires. Nous y sommes restés à la demande d’autres pays et parce que je pensais qu’une issue déstabiliserait le pays. Mais le la question est sur la table. et nous n’allons pas y rester éternellement. « 

DETTE PARDONSE

De même, Macron a défendu la nécessité de préparer une sorte de plan Marshall pour atténuer les effets dévastateurs de la pandémie sur le continent. « La communauté internationale doit être suffisamment généreuse pour annuler une partie de la dette africaine et aider la population à construire son avenir, à condition qu’elle ne se laisse pas emporter par les réseaux de corruption », a-t-il affirmé.

« C’est un engagement en faveur de l’Afrique, qui réunira en 2050 un quart de la population mondiale et la moitié des jeunes qui habitent la planète », a ajouté le président.

Concernant la crise au Tchad après la mort au combat du président du pays Idriss Déby, le président français a justifié son intervention diplomatique en considérant que le pays risquait sérieusement de devenir une nouvelle scène de combat en raison de sa proximité avec la Libye.

«Quand je vais aux funérailles de Déby, et je dis que nous n’allons pas laisser le Tchad être menacé, c’est parce que je craignais une ‘libianisation’ du pays, parce que c’était vraiment ce qui se passait avec les groupes qui descendaient de Libye au Tchad.

«Au Tchad, les choses sont claires. Nous venons à la rescousse et au soutien d’un État souverain pour qu’il ne soit pas déstabilisé ou envahi par des groupes rebelles et armés. J’ai eu une longue discussion avec Mahamat Déby (fils d’Idriss Déby et actuel président) (…) et j’ai été très clair en déclarant qu’une transition ne pouvait pas être une succession », a-t-il déclaré.

L’EFFET DE L’IMMIGRATION

Macron a également demandé à la communauté internationale d’agir de manière responsable envers le continent africain pour l’impact que toute négligence pourrait avoir sur la migration vers l’Europe. « Si nous sommes complices de l’échec de l’Afrique, nous paierons cher, en particulier en matière de migration », a-t-il déclaré.

Le président français voit dans le pire des scénarios une « confrontation » contre des pays africains avec « la Méditerranée comme théâtre d’opérations ». Pour éviter cette situation, Macron a appelé à une révision des politiques internationales d’aide au développement.

« La migration que nous assistons est un échec de ces politiques. Nous devons les revoir toutes sinon nous ne sortirons pas de cette crise », a-t-il affirmé avant de faire une défense finale de l’intégration contre l’extrémisme.

«Nous avons besoin d’une immigration légale pour notre économie. Nous sommes un pays qui vit avec des ambiguïtés et un peu de lâcheté: ceux qui dénoncent parfois notre politique d’immigration sont parfois ceux qui dépendent de ces travailleurs précaires venus de l’étranger. Nous sommes dans un moment en ce que nous rendons les choses claires, et c’est bien », a-t-il conclu.

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