La France

La France demande de la « transparence » à la justice libanaise après la suspension de l’enquête sur les explosions

Le gouvernement français a demandé ce mercredi « un maximum de transparence » pour la justice libanaise, après la suspension de l’enquête sur les explosions enregistrées en août 2020 dans le port de la capitale, Beyrouth.

Un représentant du ministère français des Affaires étrangères a indiqué que la France « regrette » la suspension de l’enquête et a souligné que le peuple libanais « a le droit de savoir » ce qui s’est passé.

« La justice libanaise doit fonctionner avec un maximum de transparence, sans ingérence politique », a-t-il estimé, selon le site Internet du ministère français des Affaires étrangères.

« Il appartient aux autorités libanaises de permettre à l’enquête de se poursuivre avec les moyens financiers et humains nécessaires pour faire la lumière sur ce qui s’est passé le 4 août 2020, conformément aux attentes légitimes de la population libanaise », a-t-il ajouté.

A cet égard, il a réitéré le soutien de la France aux efforts de la justice libanaise « pour mener l’enquête de manière indépendante, sereine et impartiale », comme le président français Emmanuel Macron a transféré au Premier ministre libanais, Nayib Mikati, quelques jours depuis.

Les enquêtes ont été suspendues lundi après deux procès intentés par d’anciens ministres appelés à témoigner par le juge Tarek Bitar, qui a remplacé Fadi Sauan après avoir été démis de ses fonctions à la suite d’une série de plaintes déposées par des hauts fonctionnaires appelés à témoigner, dont l’ancien ministre de l’Intérieur. Nuhad Machnuk.

Dans la journée de ce mercredi, des centaines de personnes se sont rassemblées devant le palais de justice de Beyrouth pour protester contre la suspension des enquêtes, dont certaines se sont ensuite rendues au domicile de Machnuk pour entamer un sit-in.

Les troubles populaires se sont intensifiés ces derniers mois en raison du blocage des enquêtes et des retards dans le retrait de l’immunité d’anciens ministres et parlementaires que le juge Bitar a cités à témoigner dans le cadre des enquêtes, dont l’ancien Premier ministre Hasan Diab.

Les explosions ont eu lieu à un moment où le Liban traverse une grave crise économique et ont déclenché une nouvelle vague de protestations qui ont entraîné la démission de Diab, qui était en poste depuis près d’un an jusqu’à l’accord il y a deux semaines pour former un nouvel exécutif. dirigé par Nayib Mikati, qui a déjà reçu le soutien du Parlement.