Le haut représentant de la politique étrangère de l'UE, Kaja Kallas, a exprimé ce dimanche son soutien au plan arabe pour la reconstruction de Gaza après avoir fait la même chose samedi en Allemagne, en France, en Italie et au Royaume-Uni déjà malgré l'opposition des États-Unis, qui considère la population “inadéquate” l'initiative car elle n'en a pas contemplé l'expulsion de la population de l'enclave.
“L'Union européenne accueille le plan arabe de reprise et de reconstruction présenté au sommet du Caire le 4 mars et a également été soutenu par l'organisation de la conférence islamique”, a déclaré Kallas dans un communiqué.
Le chef de la diplomatie communautaire considère que cette proposition “est une base sérieuse pour discuter de l'avenir de la bande de Gaza” et déclare que l'UE “traite ces idées avec ses partenaires arabes”.
Kallas considère que “tout plan pour l'avenir de Gaza doit inclure des solutions crédibles pour la reconstruction, le gouvernement et la sécurité” et déclare que la reconstruction est basée sur un “cadre de sécurité politique et solide qui est acceptable pour les Israéliens et les Palestiniens”.
Kallas s'aligne également avec Londres, Paris, Berlin et Rome en soulignant que “le Hamas ne peut avoir aucun rôle dans l'avenir de Gaza” et que “le Hamas ne peut pas être une menace pour Israël”. En revanche, Kallas réitère le soutien politique et économique de l'UE à l'autorité palestinienne “en vue de” préparer son retour au gouvernement à Gaza.
Enfin, Bruxelles demandent “une distribution de l'aide humanitaire soutenue tout au long de Gaza” en référence à la décision israélienne de réduire l'entrée de l'aide humanitaire pour faire pression sur le Hamas dans la négociation.
Le plan arabe prévoit un coût de reconstruction de 53 000 millions de dollars au cours des cinq prochaines années et maintenir toujours le statut de la bande de Gaza comme «partie de l'État palestinien de l'avenir».
Dans une phase préliminaire de six premiers mois, 3 000 millions de dollars (environ 2 830 millions d'euros) seraient investis, entre autres, pour commencer le retrait des débris, construire 200 000 maisons temporaires pour 1,2 million de personnes et restaurer 60 000 maisons partiellement endommagées pour 360 000 personnes.
Par la suite, la première phase de reconstruction commencerait, avec une durée de deux ans et 20 000 millions de dollars de coûts (18 855 millions d'euros), permettrait de créer des services “essentiels” et de poursuivre les programmes de protection sociale et les plans de prêt pour “l'auto-assertion”.
La deuxième phase de reconstruction nécessiterait deux ans et demi et 30 000 millions de dollars (environ 28,3 milliards d'euros) destinés à la construction d'infrastructures pour les services «essentiels», les ports de pêche et commerciaux et un aéroport à Gaza; et l'installation de réseaux d'eau et d'électricité.
En termes politiques, le plan arabe prévoit un “comité des technologies non optionnels” qui gère la région pendant au moins six mois sous la protection de l'autorité palestinienne dans le but de maintenir la “connexion” entre la Cisjordanie et la bande de Gaza “sous une seule autorité” afin de “renforcer” le futur État palestinien.
Le ministère des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne a remercié le soutien du plan arabe par le biais d'une déclaration dans laquelle la proposition est revendiquée comme la voie à suivre.