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La Chambre des communes a donné le feu vert à la législation qui permettra au gouvernement de Boris Johnson de modifier unilatéralement l'accord de divorce avec l'Union européenne, en relation avec la frontière entre les deux Irlande.

À mesure que progresse le neuvième cycle de négociations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne sur un accord commercial post-Brexit, les parties semblent s'éloigner, plutôt que de marcher vers un consensus.

Ce mardi 29 septembre, alors que les négociateurs se disputaient contre la montre à Bruxelles, la Chambre des communes a approuvé à Londres la loi controversée qui permet au Royaume-Uni de sauter certains des engagements acquis avec l'Union européenne.

Si elle est promulguée, la loi sur le marché intérieur donnera au Royaume-Uni le pouvoir d'ignorer une partie du traité du Brexit traitant du commerce à destination et en provenance de l'Irlande du Nord, qui partage une frontière de 500 kilomètres avec l'Irlande.

Les dirigeants de l'Union européenne craignent que cela ne conduise à la réimposition d'une frontière terrestre dure et n'érode la stabilité qui prévaut dans la région depuis l'accord du Vendredi saint de 1998 en Irlande du Nord.

Le gouvernement de Boris Johnson dit qu'il respecte les accords, mais cherche à établir un «filet de sécurité» au cas où l'Union européenne ferait des demandes déraisonnables qui entraveraient le commerce entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.

Une dernière chance de parvenir à un accord

Dans ce contexte sombre, les négociateurs se sont réunis mardi à Bruxelles pour leur dernier cycle de négociations commerciales.

La session devrait se terminer vendredi, mais devrait se poursuivre de manière informelle jusqu'au sommet de l'Union européenne prévu du 15 au 16 octobre, que Boris Johnson a fixé comme date limite pour l'accord.

La période de transition qui a suivi la sortie de la Grande-Bretagne du bloc le 31 janvier se termine dans moins de 100 jours le 31 décembre. Ce dont on discute, ce sont les règles qui régiront désormais le commerce bilatéral.

Le défi britannique aux négociations

Que Londres retire le projet de loi approuvé par la Chambre des communes est l'une des principales revendications du bloc communautaire pour maintenir un ton amical dans les pourparlers.

L'Union européenne a menacé de poursuites judiciaires si le Royaume-Uni n'abandonnait pas son plan, alléguant qu'il "viole l'accord de divorce juridiquement contraignant conclu par les deux parties à la fin de l'année dernière".

Cependant, les législateurs britanniques ont voté 340 contre 256 pour faire adopter la législation, ce qui a immédiatement déclenché des réactions négatives.

Le ministre allemand de l'Europe, Michael Roth, dont le pays assure actuellement la présidence de l'Union européenne, a déclaré que cette manœuvre législative «jette une ombre noire sur les négociations en cours».

La législation contestée doit encore passer par la chambre haute du Parlement (Chambre des lords) avant de devenir loi. Mais aucune date n'a encore été fixée pour lancer le débat.

Avec EFE, AP et Reuters