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Un différend entre la colonie britannique d'alors et la république indépendante du Venezuela au sujet de la région d'Essequibo est arrivé mardi à la Cour internationale de Justice. Dans la région, la multinationale ExxonMobil a trouvé des gisements de pétrole prometteurs qu'elle envisage d'exploiter prochainement.

La région connue sous le nom d'Essequibo est, depuis des décennies, le centre du différend entre le Venezuela et la Guyane. Mais aujourd'hui, elle a l'air plus attirante que jamais pour eux deux.

Plusieurs mois après le dépôt de la demande par Georgetown, le mardi 30 juin 2020, la Cour internationale de Justice (CIJ) a commencé, virtuellement, à analyser le cas auquel ces deux pays sont confrontés depuis plus de 120 ans.

La lutte remonte à l'époque où la Guyane était une colonie britannique et le Venezuela était déjà indépendant. À cette époque, les Britanniques ont poussé leur frontière vers une zone que le Venezuela considérait comme la leur: Essequibo.

Une sentence arbitrale rendue en 1899 à Paris (que le Venezuela n'a jamais reconnu) a accordé au Royaume-Uni ce territoire d'environ 160 000 kilomètres carrés, qui représente aujourd'hui au moins les deux tiers de la République de Guyane, désormais indépendante.

Essequiba couvre au moins les deux tiers de la Guyane.
Essequiba couvre au moins les deux tiers de la Guyane. © France 24

Le nouvel ingrédient qui a dépoussiéré le différend

Le désaccord entre voisins est en place depuis des décennies, mais il devient maintenant plus pertinent grâce à une découverte de 2015: un gisement de pétrole prolifique que la multinationale américaine ExxonMobil a l'intention de commencer à exploiter à court terme.

Le Guyana s'attend à ce que 120 000 barils de pétrole soient initialement extraits de ce champ, un chiffre qui, selon diverses estimations, pourrait atteindre une fourchette comprise entre 700 000 et un million de barils par jour d'ici le milieu de la décennie (c'est ce que la Colombie produit aujourd'hui).

Le Venezuela ignore la compétence de la Cour internationale

Pour que la Haute Cour des Nations Unies prenne position sur la souveraineté de la région d'Essequibo, elle doit d'abord décider si elle est compétente ou, comme le soutient le Gouvernement vénézuélien, elle n'a pas ces pouvoirs.

Delcy Rodríguez, vice-président exécutif du gouvernement de Nicolás Maduro, a assuré mardi que "toute forme de juridiction devant cette cour doit être donnée au motif qu'il existe un accord entre les parties pour saisir la Cour (…) quelque chose qui ne s'est jamais produit, ni est arrivé, cela ne se produira pas. "

Le Venezuela est couvert par l'Accord de Genève de 1966, année au cours de laquelle le Guyana a accédé à l'indépendance. Bien qu'il ne reconnaisse la souveraineté d'aucun, il établit que le territoire est en litige. À ce jour.

France 24 avec EFE, Reuters et AFP

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