Le nouveau ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, envisage d’effectuer « dans les prochains jours » une visite officielle au Maroc, dans le cadre de la nouvelle étape qu’il veut ouvrir dans les relations bilatérales entre deux alliés traditionnels éloignés depuis longtemps.

Séjourné lui-même a reconnu dans des déclarations successives que le président Emmanuel Macron lui avait demandé d’œuvrer sur « un nouveau chapitre » de ces relations et son département a confirmé ce jeudi que la visite qui symbolisera ce dégel est désormais imminente.

« Nous travaillons à organiser une visite dans les prochains jours », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, sans entrer dans les détails « concrets » tant que le voyage n’est « vraiment programmé ».

« Il y a une volonté très claire du ministre de s’impliquer personnellement dans la relation franco-marocaine et d’écrire un nouveau chapitre dans cette relation, de reprendre un nouvel agenda politique, de regagner la confiance », a ajouté le porte-parole.

La France aspire à « remettre en mouvement, dans une dynamique positive », une relation « ancienne » qui est traditionnellement une relation « d’amitié », un intérêt qui a suscité la récente rencontre entre la première dame, Brigitte Macron et les trois sœurs du Roi. Mohamed VI à Paris.

La tâche ne sera pas facile. Tout d’abord, au Maroc le rapprochement que la France a récemment entrepris avec l’Algérie, son principal ennemi et avec laquelle les relations diplomatiques sont rompues depuis l’été 2021, n’est pas perçu d’un bon œil.

Mais sans aucun doute, ce qui pèse le plus, c’est le passé parlementaire de Séjourné. Au Maroc, il est considéré comme l’un des principaux artisans en tant que leader de Renew Europe (le groupe libéral au Parlement européen) de la résolution approuvée en janvier 2023 contre le royaume alaouite et dans laquelle, entre autres, la « profonde inquiétude » était exprimé suite aux accusations selon lesquelles les autorités marocaines auraient corrompu des membres du Parlement européen.

En revanche, un autre point de friction entre les deux pays est la position française concernant le Sahara. Comme le souligne un article du journal « Le Desk », la « position ambiguë » de la France a contribué « à la détérioration des relations ». A ce sujet, Séjourné a réitéré dans une récente interview au journal Ouest-France le « soutien clair et constant de la France au plan marocain d’autonomie, qui est une réalité depuis 2007 ». « Il est maintenant temps d’aller de l’avant », a-t-il ajouté.

Rabat n’a pas caché qu’il souhaiterait que la France aille plus loin dans sa position et s’aligne sur l’Espagne après que le président du gouvernement, Pedro Sánchez, ait déclaré dans une lettre à Mohamed VI en mars 2022 que le plan marocain d’autonomie pour le Sahara c’est « la base la plus sérieuse, la plus crédible et la plus réaliste » pour une solution au conflit.

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