Les organisateurs mettent fin à la manifestation plus tôt que prévu en raison d’affrontements avec la police

MADRID, 24 déc. (EUROPA PRESS) –

Des centaines de personnes se sont rassemblées ce samedi sur la place de la République à Paris, la capitale française, pour protester contre la fusillade enregistrée vendredi par un homme armé dans un centre culturel kurde et qui a entraîné la mort de trois personnes.

Le rassemblement, organisé par le Conseil démocratique kurde (CDK) – qui regroupe vingt-quatre associations de la diaspora kurde dans toute la France – cherche à exprimer leur rejet de l’attentat contre ceux qu’ils définissent comme des « militants kurdes », alors qu’il n’y a toujours pas informations informations officielles sur l’identité du défunt.

Lors de la manifestation, de nombreux drapeaux rouges du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont été observés, d’autres violets à la mémoire de trois femmes kurdes assassinées en 2013 également à Paris, et d’autres drapeaux jaunes avec le visage du leader du Kurdistan, Abdullah Ocalan, selon la chaîne BFM TV.

De même, le siège de la mairie du 10e arrondissement de Paris, le quartier de la capitale où s’est produit le tir, a retiré le drapeau français de sa façade et a arboré à la place la bannière kurde « en hommage aux victimes ».

En effet, la maire du 10e arrondissement, Alexandra Cordebard, a assuré sur son profil Twitter que la corporation est « aux côtés des Kurdes de France », et ils rendent hommage ce samedi aux victimes de « l’attentat raciste perpétré rue Enghien ».

INCIDENTS PRÈS DE LA PLAZA DE LA REPUBLIC

Bien que la concentration se soit développée pacifiquement, après 13 heures, des affrontements ont eu lieu à proximité de la Plaza de la República entre des manifestants et des policiers.

Selon BFM TV, certains manifestants ont attaqué des agents de sécurité avec de petits projectiles, et ont même jeté du mobilier urbain. La police, pour sa part, a répliqué en utilisant des gaz lacrymogènes.

Cependant, la tension de certains participants avec la police n’a pas été partagée par l’ensemble des manifestants, qui sont même venus s’interposer, formant une chaîne humaine également composée de membres du Conseil démocratique kurde.

Après cet épisode de violence, les organisateurs de la manifestation ont décidé de mettre fin à la concentration plus tôt que prévu. La marche devait avancer vers la Bastille, un quartier où il y a eu des affrontements.

Du Conseil démocratique kurde, ils ont dénoncé que les esprits se sont enflammés lorsqu’un groupe de « provocateurs » est monté à bord d’une voiture à côté de la manifestation et a montré le drapeau turc à travers les fenêtres et fait le geste des loups gris.

Grey Wolves est une organisation raciste ultranationaliste turque et extrêmement hostile à la communauté kurde. Les autorités françaises ont ordonné sa dissolution en 2020, la considérant comme une organisation d’extrême droite. Ses parents font un geste de la main en levant l’index et les petits doigts et en rapprochant le reste des doigts.

Par la suite, une grande partie des assistants sont revenus rue d’Enghien pour poursuivre, là encore dans le calme, les hommages aux défunts, comme prévu avant les petits troubles.

Après 15h00, la Plaza de la República était déjà revenue à la normale et il n’y avait pratiquement plus de manifestants présents, même si l’importante force de police était toujours déployée.

Un septuagénaire a ouvert le feu vendredi dans un centre culturel kurde à Paris, tuant trois personnes et en blessant trois autres. Les autorités françaises ont rapidement accepté ce qui s’était passé pour montrer leur rejet total de ce que le président lui-même, Emmanuel Macron, a défini comme une attaque « haineuse » contre les Kurdes en France.

Déjà vendredi soir, il y a eu des affrontements entre des civils qui protestaient contre l’événement et des policiers. Les autorités françaises ont estimé ce samedi à douze agents blessés.

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