La France

Nicolás Sarkozy, coupable de tentative de corruption et de trafic d’influence

Un tribunal français a condamné l’ancien président français Nicolas Sarkozy à trois ans de prison, dont l’un définitif, après un procès pour corruption. L’ex-président de 66 ans a été reconnu responsable d’avoir offert un poste élevé à un juge de Monaco en échange d’informations privilégiées sur une autre enquête à son encontre pour le financement de sa campagne. Sarkozy est toujours confronté à d’autres affaires judiciaires.

Nicolas Sarkozy, qui a dirigé la France entre 2007 et 2012, reçoit la première condamnation à son encontre, au milieu de plusieurs enquêtes, toutes liées à la corruption.

Ce 1er mars, il a été condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis et un cabinet. En d’autres termes, l’accusé ne peut intenter aucun recours contre la décision. L’ancien président a été reconnu coupable de tentative de corruption et de trafic d’influence, pour avoir offert un poste élevé à un juge, à Monaco, en échange d’informations privilégiées sur une enquête sur les fonds de sa première campagne présidentielle.

« Les événements ne se seraient pas produits si un ancien président, ainsi qu’un avocat, avaient pris en compte l’ampleur, la responsabilité et les devoirs de sa fonction », a déclaré le procureur Jean-Luc Blachon à la Cour à l’issue du procès, en décembre dernier. .

Le parquet a demandé à l’ancien chef de l’Etat une peine de quatre ans privé de liberté et un minimum de deux ans derrière les barreaux. Ils ont exigé le même avis pour les deux autres accusés: l’avocat Thierry Herzog et le juge Gilbert Azibert.

La prétendue tentative de corruption contre le juge Gilbert Azibert

L’affaire remonte à 2014, lorsqu’il aurait tenté de corrompre, avec son avocat Thierry Herzog, le juge Gilbert Azibert, alors conseiller principal à la cour d’appel de la Cour suprême de France.

Selon la justice française, tous deux ont proposé à Azibert un poste au Conseil d’État de Monaco, en échange d’informations confidentielles sur une enquête contre Sarkozy, liées à des accusations selon lesquelles le chef de l’État de l’époque avait accepté des paiements illégaux de l’héritier de L’Oréal, Liliane Bettencourt, pour sa campagne présidentielle de 2007.

Selon les autorités, le fait a été découvert grâce à des écoutes téléphoniques contre le président de l’époque. « Je vais l’aider, je vais la promouvoir », a déclaré Sarkozy dans l’un des dialogues, ont souligné les enquêtes.

Les enquêteurs ont accusé Sarkozy d’avoir « utilisé des lignes téléphoniques secrètes » pour dissimuler sa tentative de se mêler des actions de la justice.

Malgré le fait qu’il y aurait eu une telle offre, la promesse faite à Azibert n’a pas été tenue, selon les informations des autorités monégasques. Raison pour laquelle l’ex-gouverneur et son avocat ont fait valoir qu’ils n’ont pas commis le crime dont ils sont accusés.

Cependant, le procureur Céline Guillet a déclaré qu’il avait été établi « avec certitude » que le juge Azibert avait transmis des informations confidentielles sur l’affaire Bettencourt à son ami Herzog.

Les autres enquêtes contre Sarkozy

Sarkozy a été innocenté de tout acte répréhensible dans l’affaire Bettencourt. Cependant, il fait toujours face à d’autres affaires judiciaires qui le hantent depuis qu’il a quitté le pouvoir.

Il y a aussi les enquêtes selon lesquelles il aurait reçu des millions d’euros du dictateur libyen d’alors Mouammar Kadhafi, pour sa campagne électorale de 2007.

En 2018, l’ancien président a perdu un appel contre la décision de l’envoyer en justice pour financement de campagne illégal pour une autre affaire appelée «l’affaire Bygmalion».

L'ancien président français Nicolas Sarkozy arrive au tribunal, pour l'audience au cours de laquelle il a été reconnu coupable de tentative de corruption et de trafic d'influence, à Paris, en France, le 1er mars 2021.
L’ancien président français Nicolas Sarkozy arrive au tribunal, pour l’audience au cours de laquelle il a été reconnu coupable de tentative de corruption et de trafic d’influence, à Paris, en France, le 1er mars 2021. © Reuters / Gonzalo Fuentes

C’est la manœuvre présumée pour cacher les dépenses réelles de sa campagne présidentielle ratée avec laquelle il a tenté d’être réélu en 2012. Selon l’accusation, son parti politique Unión por un Movimiento Popular (UMP), désormais dénommé Les Républicains, ont conspiré avec la société de relations publiques Bygmalion pour ne pas divulguer le montant réel employé.

La société alliée aurait facturé le parti politique de Sarkozy au lieu de la campagne afin que son mouvement politique puisse dépenser presque le double du montant autorisé. Pour y parvenir, le parti aurait demandé à l’agence de communication d’émettre de fausses factures et donc de couvrir des dépenses excessives.

En janvier dernier, les autorités ont ouvert une autre enquête. Cette fois pour le trafic d’influence présumé de Sarkozy pour les activités de conseil en Russie.

Le site d’information Mediapart a déclaré que l’enquête visait à faire la lumière sur un paiement de la société d’assurance russe Reso-Garantia de 3 millions d’euros en 2019 à un moment où Sarkozy travaillait en tant que conseiller, après avoir quitté la présidence.

La longue liste de problèmes juridiques de Sarkozy a contribué à faire couler sa candidature dans une tentative de retour à l’Elysée lors de l’élection présidentielle de 2017.

Un seul autre président français, le mentor politique de Sarkozy, Jacques Chirac, a été jugé après avoir quitté ses fonctions, mais a été dispensé de devoir assister à son procès pour corruption en 2011 en raison de problèmes de santé et a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour création d’emplois fantômes dans la ville de Paris. salle pour financer son parti quand il était maire.

Avec l’AFP et Reuters