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Wout van Aert est couronné au Mont Ventoux, Rigoberto Urán deuxième au général

La onzième étape du Tour avec la double ascension du Ventoux offrait une double carrière. Un pour la victoire d’étape et un pour le général. Les deux ont offert un spectacle formidable. Tant pour la victoire d’étape que pour le général, les coureurs du Jumbo-Visma ont été les plus impressionnants. Wout van Aert montait sur scène et Jonas Vingegaard parvenait à mettre Tadej Pogacar en difficulté pour la première fois. Le Colombien Rigoberto Urán est deuxième au classement général et Richard Carapaz quatrième.

L’équipe Jumbo-Visma peut enfin sourire sur ce Tour. Après une première semaine cauchemardesque avec l’abandon de leur leader et candidat au titre Primoz Roglic, l’équipe néerlandaise a prouvé qu’elle était toujours l’une des équipes les plus fortes du peloton.

Malgré une nouvelle démission d’un de leurs membres, Tony Martin, les Jumbo-Vismas disposent toujours d’un vivier de talents impressionnant qui leur permet de se battre pour les victoires d’étapes ainsi que pour le classement général. Wout van Aert en est une parfaite illustration. Le coureur belge est si complet qu’il peut défier Mark Cavendish au sprint (il était deuxième de l’étape de plat d’hier) et gravir le Ventoux comme les meilleurs grimpeurs. Ce 7 juillet il a su se lancer dans la fuite et attendre le bon moment pour atteindre le but le premier.

Julian Alaphilippe, grand animateur du premier volet

La première partie de l’étape était animée par plusieurs coureurs en cavale. La figure principale était Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) dans son maillot arc-en-ciel de champion du monde. Les Français attaquent 20 kilomètres après le départ. Au début, il était accompagné de Nairo Quintana, qui cherchait à défendre son maillot de roi de la montagne. Mais le Colombien n’a pas pu dépasser Alaphilippe dans le premier prix de la montagne du jour (la Côte-de-Fontaine-de-Vaucluse, quatrième catégorie).

Quintana est revenu dans le peloton tandis que 16 coureurs suivaient le Français. Au pied de la première ascension du Mont Ventoux, sept cyclistes étaient au sommet, dont Wout van Aert. Julian Alaphilippe passe en tête du Ventoux devant son compatriote Anthony Perez (Cofidis) et le Néerlandais Bauke Mollema (Trek Segafredo).

A ce stade, le Trek Segafredo, avec trois coureurs en fuite (Mollema, Elissonde et Bernard), semblait avoir plus de chances de remporter la victoire d’étape. Le peloton des favoris a passé le sommet du Ventoux avec 4’38 de retard sur les échappés, emmené par les coureurs des Ineos Grenadiers qui ont travaillé pour l’Equatorien Richard Carapaz

Wout van Aert, plus fort que le Trek Segafredo

Au pied de la deuxième ascension du Mont Ventoux depuis Bédoin, ascension encore plus difficile (hors catégorie, 15,7 km à 8,8%), les échappés conservaient 4,50 d’avance sur le groupe de favoris.

En tête de la course, les trois coureurs de Trek Segafredo ont profité de ce moment pour lancer leur attaque. Julien Bernard a commencé à imposer un rythme soutenu puis Kenny Elissonde a attaqué. Il a été poursuivi par trois membres de l’évasion : Julian Alaphilippe, Wout van Aert et Bauke Mollema. Jusqu’à ce moment, l’équipe américaine jouait parfaitement avec ses cartes. Sauf qu’il restait encore 14 kilomètres de montée et que Wout van Aert contre-attaquait et rattrapait rapidement Elissonde.

Mollema n’a pas pu répondre alors que Julian Alaphilippe n’avait plus de jambes à suivre. A 10 kilomètres du sommet, Wout Van Aert est parti seul. Salué par une foule impressionnante sur les pentes du Ventoux, le champion national belge s’est imposé avec plus d’1 minute d’avance sur Elissonde et Mollema.

Vingegaard a réussi à récupérer Pogacar

Dans le groupe des favoris, les Ineos Grenadiers ont continué à imposer un rythme soutenu pour nuire à leurs rivaux et préparer une attaque de Richard Carapaz. Peu à peu, ils réduisaient le nombre de coureurs dans ce groupe. L’un des objectifs des Ineos était de battre Ben O’connor (AG2R-Citröen), vainqueur de Tignes et deuxième du général. Ils l’ont fait avec 8,8 km à parcourir depuis le sommet du Ventoux. O’Connor a perdu 5,35 minutes aujourd’hui.

Mais à un kilomètre du sommet du Ventoux, c’est Jonas Vingegaard (Jumbo-Visma) qui attaque et laisse Carapaz et Urán derrière lui. Au début, Tadej Pogacar a suivi le Danois de 24 ans, apparemment sans difficulté, mais peu de temps après, il l’a laissé partir seul.

Pour la première fois sur ce Tour, Pogacar n’a pas pu suivre l’un de ses rivaux. Vingegaard a passé les 30 premières secondes devant le Slovène. Dans la longue descente jusqu’à la ligne d’arrivée, Pogacar, Urán et Carapaz se sont regroupés pour chasser le Danois. Tous trois étaient intéressés à ne pas perdre de temps avec lui. Pogacar pour conserver sa différence dans le général ; Urán et Carapaz de ne pas laisser un rival s’échapper pour le podium. Cette alliance a fonctionné et ils ont rattrapé Jonas Vingegaard dans les derniers kilomètres. Les quatre hommes ont atteint 1’38 de Van Aert. Bien qu’il ait l’air moins dominant aujourd’hui, Tadej Pogacar conserve une énorme différence par rapport à ses rivaux.

Richard Carapaz, à une seconde du podium

Rigoberto Urán est l’un des coureurs les plus astucieux du peloton. Sans faire de bruit, sans attaquer mais faisant preuve d’une grande capacité de résistance, le Colombien est désormais deuxième au général, à 5’18 de Pogacar. Jonas Vingegaard est troisième à 5’32 et Richard Carapaz quatrième à 5’33. Ben O’Connor chute à la cinquième place à 5’58.

Si la victoire finale est encore promise à Tadej Pogacar, la lutte pour le podium reste très ouverte.

Nairo Quintana, bien qu’il n’ait pas occupé les premières places, continue de mener le classement de la montagne. Le Colombien n’a marqué aucun point aujourd’hui, mais ses plus proches poursuivants non plus pour le maillot rouge des têtes de série.

Demain pour l’étape numéro 12, les coureurs parcourront 159,4 km. entre Saint-Paul-Trois-Château et Nîmes. Une étape de plat qui ne présente pas de grandes difficultés dans son profil et qui devrait se terminer par un sprint massif mais qui peut être trompeur en raison du vent et de la chaleur qui est habituellement près de Nîmes à cette période de l’année.

Notre guide avec profils, étapes et itinéraires pour le TDF 2021.
Notre guide avec profils, étapes et itinéraires pour le TDF 2021. ©France24

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