La France

Macron propose de créer une « communauté politique européenne » pour coopérer avec des États non membres de l’UE comme l’Ukraine

Cela a été proposé par Macron dans le discours avec lequel il a clôturé la Conférence sur l’avenir de l’Europe, tenue au siège du Parlement européen, à Strasbourg (France), où il a évoqué les « aspirations légitimes » de l’Ukraine, de la Géorgie et de la Moldavie. faire partie de l’Union européenne.

Même si l’Ukraine obtenait « demain » le statut de pays candidat à l’adhésion, le processus durerait « plusieurs années voire décennies », a indiqué le président français, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE durant ce semestre.

Il a ensuite défendu que les processus d’intégration de nouveaux États membres « ne peuvent pas être la seule manière de structurer le continent européen à court terme » et a plaidé pour la création d’une « communauté politique européenne ».

« Cela permettrait aux nations européennes démocratiques qui partagent nos valeurs de trouver un nouvel espace de coopération politique, dans la sécurité, l’énergie et les transports, d’investir dans les infrastructures et où les gens pourraient se déplacer, en particulier les jeunes », a-t-il expliqué.

LE CONSULTERA AVEC TOUS LES PAYS INTÉRESSÉS

Après avoir précisé que cette communauté serait également ouverte aux pays qui ont quitté l’UE (comme le Royaume-Uni) et que l’adhésion n’empêcherait pas une adhésion ultérieure à l’Union, Macron a déclaré : « Unissons l’Europe sur la base de sa géographie et ses valeurs démocratiques avec la volonté de maintenir l’unité de notre continent », en plus de « préserver la force et l’ambition de notre intégration ».

Le président français a assuré que dans les semaines et les mois à venir, il consultera et travaillera avec tous les pays et gouvernements intéressés par ce projet pour voir comment le mener à bien car « il est important pour l’avenir et la stabilité » de l’Europe.

Par cette approche, elle a répondu aux conclusions que la session plénière de la Conférence sur l’avenir de l’Europe a approuvées fin avril pour réformer l’UE : 49 propositions au total, accompagnées de plus de 300 mesures concrètes pour les mener à bien, et sur la base des recommandations des panels de citoyens européens, des panels et événements nationaux et des dizaines de milliers de contributions sur la plateforme numérique.

INDÉPENDANCE, SOUVERAINETÉ ET EFFICACITÉ

La Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil européen vont maintenant examiner la suite à donner aux propositions, chacun dans le cadre de ses compétences. L’automne prochain, un événement sera organisé pour informer les citoyens sur la manière dont les institutions répondent à leurs demandes.

Macron a souligné que le CoFoE a été « un exercice démocratique sans précédent » et a garanti que la réunion de septembre « ne sera pas une simple formalité », mais débouchera sur des propositions « pratiques et concrètes » qui profiteront aux Européens ».

À son avis, bon nombre des idées peuvent être appliquées sans qu’il soit nécessaire de procéder à des réformes institutionnelles. Mais pour d’autres dossiers il faudra « célébrer une convention de révision des traités », a-t-il ajouté, soutenant la démarche du Parlement européen.

Le chef de l’Etat français considère que les deux revendications principales sont de renforcer « l’indépendance et la souveraineté » de l’UE et son « efficacité », comme les leçons tirées des crises économiques, sanitaires et sécuritaires que l’Europe a traversées ces dernières années.

RECOMMANDATIONS DES CITOYENS SUR LES PROPOSITIONS LÉGISLATIVES

De son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a souligné que la Conférence sur l’avenir de l’Europe avait tissé une vision de l’Europe qui « livre là où ça compte le plus » contribuant à rendre la vie quotidienne « meilleure ».

En outre, il a souligné l’importance d' »améliorer » le fonctionnement général de la démocratie, en permettant à des panels de citoyens de faire des recommandations avant de présenter des propositions législatives clés, et s’est prononcé en faveur de la capacité de l’UE à prendre des décisions même s’il existe pas d’unanimité entre tous les États membres, pour « aller plus vite ».

Enfin, la cheffe de l’exécutif communautaire a conclu en exprimant son soutien à tous ceux qui veulent « réformer l’Union européenne en mieux », s’accordant avec le président français sur la possibilité de réviser les traités : « Nous pouvons le faire dans les limites les traités nous le permettent ou en modifiant les traités si nécessaire ».

« LUTTE POUR L’EUROPE »

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a également pris la parole et, en relation avec la prochaine convention CoFoE, a énuméré certaines questions qu’elle considère comme urgentes, telles qu’une nouvelle politique de sécurité et de défense, la réduction de la dépendance énergétique de l’UE et la promotion des énergies renouvelables, le partage ressources et informations des systèmes de santé nationaux ou faire progresser les questions d’emploi, de migration et d’égalité.

A ceux qui ont participé au débat d’idées durant ces mois, il les a remerciés d’avoir voulu « se battre pour l’Europe ». « Nous sommes à un moment décisif de l’intégration européenne et aucune suggestion de changement ne peut être exclue », a-t-il souligné.

La cérémonie de clôture du CoFoE a eu les interventions de citoyens européens qui ont activement participé tout au long du processus et qui ont demandé aux trois institutions européennes un engagement « sans distorsions » et sans mettre les « intérêts politiques » au premier plan lors de l’exécution de ses recommandations et propositions.

Certaines des 49 propositions approuvées visent à améliorer la sécurité énergétique européenne, à promouvoir l’économie circulaire, à produire des aliments de manière durable et à offrir un accès égal et universel aux soins de santé.

Renforcer également la compétitivité et la résilience de l’économie de l’UE, accroître son autonomie dans des secteurs stratégiques clés, améliorer le processus décisionnel de l’UE, améliorer la cybersécurité contre les menaces et lutter contre la désinformation, réformer le système européen d’asile et répondre aux besoins des jeunes.