La France

Le Rwanda nie catégoriquement avoir utilisé le logiciel Pegasus pour commettre des actes d’espionnage

KIGALI, 24 juil. (DPA / EP) –

Le gouvernement rwandais a démenti ce samedi avoir utilisé le logiciel Pegasus pour espionner qui que ce soit, dans un nouvel épisode du scandale qui a touché les pays africains et qui a conduit la France à ouvrir une enquête à ce sujet.

« Le Rwanda n’utilise pas ce logiciel, comme nous l’avons dit en novembre 2019, et nous n’avons pas la capacité technique de le faire en aucune façon », a déclaré le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Vincent Biruta.

Biruta a ajouté que « ces fausses accusations font partie d’une campagne en cours pour provoquer des tensions entre le Rwanda et d’autres pays, et pour répandre la désinformation sur le Rwanda tant au pays qu’à l’étranger ».

Cette déclaration intervient deux jours après que la France a annoncé une enquête sur l’affaire après avoir appris que le président du pays, Emmanuel Macron, était la cible de ces actes d’espionnage survenus il y a deux ans. Le Rwanda a été accusé d’espionnage du président sud-africain Cyril Ramaphosa et de la famille du héros rwandais Paul Rusesabagina, un critique du président rwandais Paul Kagame.

Selon Amnesty International, les autorités rwandaises auraient utilisé Pegasus pour surveiller plus de 3 500 militants, journalistes et politiciens.

Le logiciel espion, fabriqué par la société israélienne NSO, est conçu pour identifier les failles de sécurité des smartphones afin d’accéder aux données qui y sont stockées. NSO a nié toutes les accusations portées contre lui.

Le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, a qualifié lundi la divulgation de Pegasus de « extrêmement choquante » et a déclaré que des « enquêtes » seraient menées et que des « clarifications » seraient demandées.

Dans la liste des téléphones espionnés avec Pegasus prétendument par les gouvernements figurent, par exemple, l’épouse et la fiancée du journaliste dissident saoudien Yamal Jashogi, assassiné au consulat saoudien à Istanbul.

La liste comprend également des journalistes de CNN, The Associated Press, Voice of America, ‘The New York Times’, ‘The Wall Street Journal’, Bloomberg, ‘Le Monde’, ‘Financial Times’ ou Al Jazeera.

L’enquête est menée par le consortium de médias basé à Paris Forbidden Stories, qui assure que les preuves ont été obtenues à partir des téléphones eux-mêmes grâce à une analyse médico-légale effectuée par le laboratoire de sécurité d’Amnesty International.