Economie

100 millions d’emplois menacés et quatre mille milliards de dollars de pertes dues à la pandémie

Le tourisme international et les secteurs qui en dépendent ont subi une perte estimée à 2 400 milliards de dollars rien qu’en 2020 et les Nations Unies estiment qu’en 2021, ce chiffre pourrait atteindre des niveaux similaires.

Même les plus pessimistes de l’analyse des Nations Unies ne s’attendaient pas à ce qu’entre 2020 et 2021, les pertes touristiques mondiales dépassent les 4 000 milliards de dollars en raison de la pandémie de Covid-19, puisque la prévision maximale était de 3 300 milliards. 15 mois après la déclaration d’une pandémie, le tableau ne s’annonce pas mieux.

Pour que le tourisme international revienne à ce qu’il était avant que l’urgence mondiale ne frappe la planète, cela pourrait se produire, au mieux, en 2023, sinon plus tard. C’est ce que calcule l’ONU dans son dernier rapport, présenté ce mercredi 30 juin.

A l’impact direct et indirect de la forte baisse des arrivées de touristes internationaux en 2020 d’environ 2 400 milliards de dollars, pourrait s’en ajouter un autre entre 1 700 et 2 400 milliards de dollars en 2021, malgré la réouverture progressive du tourisme.

Le chiffre représente entre 1,9% et 2,7% du produit intérieur brut mondial, selon le rapport de l’Agence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) et de l’Organisation internationale du tourisme (OIT).

Une autre conséquence concerne l’emploi. Les estimations suggèrent qu’entre 100 millions et 120 millions d’emplois liés au secteur du tourisme restent menacés.

En effet, la pandémie a considérablement réduit les arrivées internationales, non seulement en raison des restrictions imposées par les pays, mais parce que les consommateurs ont choisi de réduire leurs déplacements. Depuis la crise sanitaire, le nombre d’arrivées de touristes internationaux a diminué de 74%.

Cette réduction des arrivées de touristes a entraîné une augmentation moyenne de plus de cinq points de pourcentage du chômage de la main-d’œuvre non qualifiée, mais l’impact peut être jusqu’à dix points de plus dans les pays qui dépendent du tourisme.

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Les régions les plus touchées sont l’Asie du Nord-Est, l’Asie du Sud-Est, l’Océanie, l’Afrique du Nord et l’Asie du Sud, tandis que celles qui ont le moins ressenti la crise sont l’Amérique du Nord, l’Europe occidentale et les Caraïbes.

Le tourisme latino-américain maintiendra ses pertes

Le fait que la campagne de vaccination ait commencé il y a plusieurs mois dans une grande partie du monde ne garantit pas que le tourisme reviendra aux niveaux d’avant la pandémie, ni qu’en 2021 le secteur n’enregistrera pas de pertes. Et l’Amérique latine ne progresse pas au même rythme que les autres régions en termes de vaccination.

Le rapport des Nations Unies note que le tourisme dans les pays d’Amérique latine continuera de subir des pertes en 2021, car il s’attend à ce que seuls les pays avec des niveaux élevés de vaccination puissent attirer les voyageurs et obtenir une reprise modérée.

Cette année, la baisse du tourisme pourrait signifier des baisses allant jusqu’à 9% du PIB de l’Équateur, ainsi que 2,4% dans le cas de l’Argentine ou 2,3% en Colombie, un effet plus dramatique que la moyenne mondiale, calculée entre 1,9% et 2,7. % du PIB mondial.

La recherche conclut que la reprise du secteur du tourisme dépendra largement de l’application de vaccins dans le monde, mais en raison de la répartition inégale, ce seront les pays les moins développés qui subiront les pires conséquences.

Avec l’AFP, Reuters et AP

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